(Montréal) Après avoir ouvert la porte en mai dernier, l’agence de notation DBRS Morningstar est passée de la parole aux actes en relevant la cote de crédit du Québec dans la foulée de la mise à jour financière du gouvernement Legault.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

C’est la première fois que la province obtient une note aussi élevée — AA (faible) avec perspectives « stables » — depuis 1987, année où l’institution torontoise a commencé à suivre les finances publiques québécoises.

La cote de crédit du Québec était de A (élevé) depuis 2006. Les perspectives avaient été portées à « positives » à la suite du premier budget déposé par le ministre des Finances, Eric Girard, le printemps dernier.

Si tout indiquait que le portrait des finances publiques allait être supérieur aux prévisions, DBRS Morningstar ne s’attendait pas à ce que les coffres débordent autant, a expliqué son vice-président des finances publiques, Travis Shaw.

« Nous avons certainement été surpris par l’ampleur (des résultats) », a-t-il expliqué, mardi, au cours d’une entrevue téléphonique à la suite de l’annonce effectuée par l’agence de notation.

La mise à jour effectuée par le gouvernement Legault la semaine dernière faisait état d’un excédent budgétaire de 4,8 milliards au terme de l’exercice terminé le 31 mars dernier. Malgré de nouvelles dépenses de 857 millions pour l’année financière en cours, Québec table sur un surplus de 1,4 milliard, après le versement effectué au Fonds des générations.

Il est prévu qu’en 2019, la progression du produit intérieur brut s’établira à 2,4 %, une hausse de 0,6 point de pourcentage par rapport aux prévisions du budget de mars dernier.

De plus, l’objectif de réduire le poids de la dette à 45 % du produit intérieur brut (PIB) sera atteint au cours de la présente année financière, estime le gouvernement.

« Notre décision (à l’égard de la cote de crédit) signale que dans l’état actuel des choses, le Québec serait capable de faire face à une détérioration plus importante que prévu de l’économie par rapport à ses prévisions », a souligné M. Shaw.

Pour 2020, le gouvernement Legault s’attend à ce que la croissance du PIB réel — ajusté à l’inflation — ralentisse quelque peu pour s’établir à 1,8 %.

Comme l’Ontario

Avec une cote de crédit de AA (faible), le Québec se trouve maintenant au même niveau que l’Ontario, où la situation est différente, puisque le gouvernement de Doug Ford tente actuellement de renouer avec l’équilibre budgétaire.

« DBRS était la seule agence qui ne cotait pas le Québec dans la zone AA, a souligné M. Girard, en mêlée de presse à l’Assemblée nationale. Nous pouvons maintenant dire que nous sommes un émetteur AA pour toutes les agences de crédit. C’est une reconnaissance. »

À l’échelle canadienne, la Colombie-Britannique (AA élevé), la Saskatchewan (AA stable) ainsi que l’Alberta (AA négative) sont mieux cotées que le Québec par DBRS Morningstar.

En juin 2017, alors que le gouvernement libéral de Philippe Couillard était au pouvoir, l’agence new-yorkaise Standard & Poor’s s’était montrée plus optimiste à l’endroit des finances publiques de la province, en relavant sa cote de crédit, qui était passée à AA-. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis 1993.

Le 28 octobre dernier, avant la mise à jour économique, Standard & Poor’s avait confirmé qu’elle maintenait la note de crédit de la province.

Pour leur part, les deux autres principales agences, Moody’s et Fitch Ratings, n’avaient rien publié, lundi, en fin d’avant-midi. En septembre, Moody’s avait toutefois annoncé avoir complété une « révision périodique » des finances du Québec, ce qui ne s’était toutefois pas accompagné d’un changement de la cote de crédit.

Parallèlement à ses commentaires à l’endroit des finances publiques du Québec, DBRS Morningstar a également fait passer la note de crédit d’Hydro-Québec de A (élevé) à AA (faible)