(Ottawa) L’inflation annuelle du Canada a légèrement fléchi pour s’établir à 1,9 % en août, sous l’effet de la baisse des prix de l’essence.

Andy Blatchford
La Presse canadienne

L’inflation était suffisamment ferme pour rester proche de l’objectif idéal de 2,0 % de la Banque du Canada, et le mois d’août était le sixième mois consécutif où la croissance des prix atteignait au moins 1,9 %.

La stabilité des prix, en soi, n’exerce aucune pression sur la Banque du Canada pour qu’elle ajuste ses taux d’intérêt.

En excluant les prix à la pompe, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 2,4 % par rapport à l’année précédente, a indiqué mercredi Statistique Canada. Les prix du gaz naturel ont baissé de 10,2 % le mois dernier, après une baisse de 6,9 % en juillet.

La baisse des prix de l’hébergement des voyageurs, des services d’accès à internet et des meubles a également amoindri la croissance des prix le mois dernier par rapport à l’année précédente.

D’un mois à l’autre, le prix du porc a diminué de 2,7 %, alors que les produits du porc canadien sont soumis à des restrictions plus sévères sur le marché clé qu’est la Chine. Les consommateurs ont également payé 6,5 % de moins pour les légumes frais — la plus forte baisse en cinq ans —, la hausse temporaire des prix attribuable au mauvais temps dans les régions de culture ayant diminué.

La pression à la hausse sur les prix à la consommation, d’une année à l’autre, était principalement attribuable à l’augmentation des prix des billets d’avion, des intérêts hypothécaires et de l’assurance auto.

Le coût du transport aérien a augmenté de 10,3 % en août. L’augmentation est en grande partie liée à l’impact de l’immobilisation au sol des aéronefs de modèle Boeing 737 Max pendant la saison estivale, a indiqué le rapport.

Les prix du gaz naturel ont augmenté de 5,8 % le mois dernier, après avoir progressé de 3,2 % en juillet.

La moyenne des trois indicateurs canadiens de l’inflation de base, considérée comme de meilleures mesures des pressions sous-jacentes sur les prix puisqu’elles excluent les éléments volatils tels que l’essence, a atteint l’objectif de 2,0 % de la banque centrale. Cette moyenne s’était établie à 2,03 % en juillet.

« En gros, c’est le statu quo pour la Banque du Canada », a estimé Derek Holt, chef des études économiques sur les marchés des capitaux de la Banque Scotia.

« La mesure de base de l’inflation reste rigoureuse et ne dépasse pas les 2 %. Et donc, pour une banque centrale qui s’appuie sur les données et qui cible une certaine inflation, cela ne signale aucune pression imminente pour changer la trajectoire de sa politique. »

M. Holt a souligné que le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, ne se trouvait pas face à un environnement de faible inflation — une situation à laquelle ont été confrontées la Réserve fédérale des États-Unis et la Banque centrale européenne.

L’économie canadienne a été vigoureuse, même si les guerres commerciales insufflent une grande incertitude dans une économie mondiale en ralentissement.

De nombreux prévisionnistes s’attendent à ce que la Banque du Canada réduise son taux d’intérêt directeur d’ici la fin de l’année et peut-être dès l’annonce de sa politique du 30 octobre.

Les économistes tablaient en moyenne sur une inflation de 2,0 % pour août, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

« En excluant la volatilité habituelle de certains éléments, l’inflation est carrément ennuyeuse au Canada », a écrit James Marple, économiste principal pour le service d’études économiques de la Banque TD dans un rapport.

« Cela permettra à la Banque du Canada de se pencher sur d’autres données économiques, notamment sur l’équilibre entre une économie intérieure résiliente et des risques externes élevés. »