Un vétéran de la scène municipale demande à l’administration Plante-Dorais de baisser le taux de taxation des conciergeries des quartiers centraux dans le prochain budget.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Marvin Rotrand, conseiller du district Snowdon depuis 37 ans, a expliqué à La Presse que la valeur des tours résidentielles a augmenté de façon plus importante que celle des condos, des plex ou des maisons dans le rôle d’évaluation qui a été déposé mercredi. En conséquence, seule une baisse de taux de taxation de la catégorie des immeubles de six logements et plus évitera aux propriétaires et à leurs locataires de devoir supporter un fardeau fiscal additionnel.

« Si la Ville ne le fait pas, il va y avoir un déplacement des taxes, a-t-il dit. Déjà, depuis deux ans, il y a des pressions sur les locataires à cause du précédent rôle dans cette catégorie [six logements et plus] qui avait aussi connu une hausse de valeur supérieure à la moyenne », a indiqué le conseiller indépendant à La Presse au cours d’un entretien téléphonique.

Le règlement sur la fixation des loyers permet aux propriétaires d’éponger la hausse de taxes par le truchement d’une augmentation de loyer à leurs locataires. M. Rotrand souligne que les locataires dans ce type d’immeubles ont souvent des moyens financiers limités.

Forte hausse

Les immeubles de six logements ont connu la plus forte hausse dans la catégorie résidentielle. Leur valeur a bondi de 21,7 % à l’échelle de l’île. Dans l’arrondissement du conseiller de Snowdon, dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, la hausse de valeur des immeubles résidentiels atteint 25,6 %.

La loi sur la fiscalité municipale donne en effet le pouvoir aux villes d’imposer un taux différencié selon les diverses catégories du secteur résidentiel.

En théorie, donc, les propriétaires et les locataires des conciergeries peuvent éviter une hausse de taxe lors du prochain budget. Il suffit que la Ville abaisse le taux de taxation s’appliquant à la catégorie des immeubles de six logements et plus dans la même proportion que la hausse de leur valeur (22 %).

En pratique, toutefois, les taux de taxation des deux catégories sont pratiquement identiques. Par exemple, dans l’arrondissement de M. Rotrand, le taux de taxation de la catégorie des cinq logements et moins est de 0,8494 $ par 100 $ d’évaluation, tandis que celui s’appliquant aux six logements et plus est de 0,8438 $.

Si le passé est garant de l’avenir, M. Rotrand craint que l’équipe de Projet Montréal ne se refuse à utiliser cet outil à son plein potentiel.

Mercredi, le président du comité exécutif Benoit Dorais a répété que la hausse des taxes des contribuables du secteur résidentiel serait limitée à 2 %, en moyenne.