(New York) Le président de la Fed de New York John Williams a estimé mercredi que le comité monétaire devait faire preuve de flexibilité pour soutenir la croissance et prendre ses décisions sur la base de l’évolution des indicateurs économiques, faisant écho aux propos de Jerome Powell.

Agence France-Presse

« Nous devons examiner toutes les informations disponibles et faire preuve de souplesse dans notre réponse », a déclaré John Williams, patron de l’antenne régionale de la Fed de New York, prônant comme le président de la Banque centrale, une approche fondée sur un examen approfondi des données économiques.

Pour sa part, il a indiqué qu’il continuerait à « tout consulter, des données très détaillées sur les expériences individuelles des personnes en matière de conditions d’emploi jusqu’aux projections macroéconomiques de la croissance mondiale » et aux événements ayant un impact sur l’économie américaine.

Alors que deux de ses collègues ont voté contre la décision de baisser les taux d’intérêt lors de la réunion de juillet, John Williams l’a justifiée par un « tableau nuancé » de l’économie.

« Bien que les chiffres n’aient pas dans l’ensemble encore changé de façon spectaculaire, le tableau plus détaillé qui a été présenté à l’été laisse entrevoir des perspectives de ralentissement de la croissance et de baisse de l’inflation par rapport à notre objectif. Ceci a plaidé en faveur d’une politique monétaire un peu plus accommodante », a-t-il réagi.

Il a souligné la tâche délicate qui incombait à la Fed compte tenu des incertitudes entourant les perspectives économiques notamment liées à la guerre commerciale et le Brexit.

« Avec une perspective incertaine, la vigilance et la flexibilité sont essentielles pour atteindre notre double objectif de plein emploi et de stabilité des prix », a-t-il conclu.

Avec ce discours, John Williams semble avoir apporté son soutien à Jerome Powell alors que certaines voix commencent à être dissonantes au sein du Comité monétaire.

Si les indicateurs continuent « de montrer que l’économie des États-Unis suit son potentiel de croissance avec des hausses graduelles de prix et de salaires, il n’y a pas besoin d’agir immédiatement sur les taux à mon avis », a ainsi estimé mardi le président de la Fed de Boston, Eric Rosengren, qui avait voté contre la baisse des taux en juillet.

La prochaine réunion du Comité monétaire de la Fed se tiendra les 17 et 18 septembre. D’ici là, l’intervention de Jerome Powell, lors d’un panel vendredi à Zurich en Suisse, est très attendue.

Les marchés tablent, eux, sur l’annonce d’une baisse des taux d’intérêt lors de la prochaine réunion monétaire, après celle d’un quart de point de pourcentage annoncée fin juillet.