(Londres) Les cours du pétrole remontaient vendredi en cours d’échanges européens, le marché reprenant son souffle après avoir subi la veille les plus fortes pertes quotidiennes de l’année sur fond de ralentissement de l’économie et de tensions commerciales.

Agence France-Presse

Vers 10 h (16 h à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet valait 68,09 dollars à Londres, en hausse de 34 cents par rapport à la clôture de jeudi.

À New York, le baril de WTI pour la même échéance gagnait 22 cents à 58,13 dollars.

Depuis le début de la semaine, le Brent a perdu 4,18 dollars et le WTI 4,78 dollars, et les cours ont connu leurs plus fortes baisses quotidiennes de 2019 jeudi.

« Les prix se sont écroulés comme un château de cartes avec un bond des stocks américains de brut, une demande faible des raffineries et les craintes que le conflit commercial sino-américain ne pèse sur la croissance mondiale », a énuméré Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.

La baisse des prix avait en effet débuté mercredi, avec la publication hebdomadaire des données de l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA), qui a fait état d’une hausse inattendue des réserves de brut sur la semaine précédente.

Le lendemain, des PMI décevants au Japon, en Europe et aux États-Unis sont venus nourrir les craintes que la croissance mondiale souffre, sur fond de durcissement des relations sino-américaines, notamment autour du dossier Huawei.

Le ralentissement de l’activité privée aux États-Unis, selon l’indice PMI composite du cabinet Markit, « prouve que même l’économie américaine n’est pas immunisée contre le danger des droits de douane punitifs », ont commenté les analystes de Commerzbank.

Un ralentissement de l’économie pourrait peser sur la demande de carburant, et donc de pétrole.

Pourtant, tous les analystes ne sont pas convaincus que la baisse récente des prix est justifiée, alors que la production est fortement perturbée par des sanctions américaines sur deux exportateurs historiques, le Venezuela et l’Iran, et que l’OPEP et ses partenaires maintiennent pour l’instant leur accord de limitation de la production.

Pour Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, le marché se base trop sur les données hebdomadaires de l’EIA, « l’équivalent de naviguer en plein brouillard en regardant en vain vers l’horizon », écrit-il.

Il préfère donc observer la quantité de pétrole « en transit » sur des navires pétroliers, « en forte baisse récemment, ce qui indique bien que l’offre mondiale est affaiblie » et « devrait se traduire par des baisses des stocks à terre dans les prochaines semaines ».