Twitter se brûle les ailes en Bourse

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Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
NEW YORK

Les performances financières de Twitter justifient-elles l'envol incroyable de son cours de Bourse depuis trois mois? Wall Street a répondu «non» mercredi.

Les premiers résultats publiés depuis l'entrée en Bourse début novembre ont montré un creusement de la perte nette et surtout posé de réelles questions sur la croissance du nombre d'utilisateurs, qui semblent passer moins de temps sur le réseau social en ligne.

La sanction a été sans appel à la Bourse de New York: le titre Twitter s'effondrait de 17,39% à 54,50 dollars dans les échanges électroniques suivant la clôture.

«L'action Twitter revient à la réalité», résumait le site d'analyses 247wallst.com.

Le titre avait littéralement explosé depuis ses premiers pas sur le marché il y a trois mois, passant d'un prix d'introduction de 26 dollars à presque 66 dollars juste avant l'annonce des résultats. Certains parlaient même d'une bulle.

Car si Twitter est prisé des vedettes, des politiques et des marques pour leur communication, il n'a jamais dégagé un dollar de bénéfice depuis sa naissance en 2006.

L'année dernière, il a encore essuyé une perte nette de 645 millions de dollars, après 79 millions en 2012. Sur le seul quatrième trimestre 2013, la perte atteint 511 millions de dollars.

Perte d'intérêt des utilisateurs?

La capacité du réseau social à devenir rentable, à l'image de son grand rival Facebook qui a dévoilé la semaine dernière un bénéfice net annuel de 1,5 milliard de dollars, est une interrogation centrale depuis l'entrée en Bourse.

Cela rend très difficile d'évaluer la valeur réelle de l'entreprise, les estimations des analystes (et la valorisation boursière) reposant sur des paris quant à la croissance future. Les indications à cet égard sont mitigées.

Twitter revendiquait 241 millions d'utilisateurs mensuels fin décembre, soit une progression de seulement 9 millions en trois mois. Au troisième trimestre, il avait encore réussi à en gagner 14 millions.

Plus inquiétant encore, l'intérêt des «twittos» semble diminuer.

Le nombre de consultations de la «timeline», le fil où ils lisent les messages d'autres membres, a atteint 148 milliards au quatrième trimestre 2013.

Le groupe met en avant une progression de 26% sur un an, mais Nate Elliott, un analyste de Forrester, a souligné sur son compte Twitter que «le nombre moyen de consultations par utilisateur a baissé pour le deuxième trimestre d'affilée».

«Rien de ce qu'ils peuvent dire d'autre aujourd'hui n'a d'importance s'ils ne règlent pas ça», a-t-il précisé. «Si on n'a pas une base d'utilisateurs engagés, on n'a pas de business», a-t-il aussi déclaré à l'AFP.

C'est d'autant plus décevant que Twitter affiche toujours un chiffre d'affaires en forte croissance, même si celle-ci ralentit. Il a un peu plus que doublé en 2013, à 665 millions de dollars, après avoir triplé en 2012. L'allure devrait encore se réduire un peu cette année, où Twitter dit viser entre 1,15 et 1,20 milliard de dollars, dont 230 à 240 millions au premier trimestre.

Le directeur général, Dick Costolo, a assuré lors d'une téléconférence avec des analystes vouloir «mettre les bouchées doubles en 2014 pour accélérer la croissance de (la) base d'utilisateurs», avec l'objectif de rendre le service «plus facile à comprendre pour un public plus large» et d'améliorer les offres de publicités et de contenus.

Il a évoqué des progrès dans l'expansion publicitaire à l'international ainsi que dans le rythme et la qualité des lancements de nouveaux produits. «Nous avons seulement gratté la surface de ce que Twitter peut devenir», a-t-il affirmé.

Twitter dit avoir augmenté ses recettes publicitaires de 121% sur un an au quatrième trimestre, à 220 millions de dollars, dont 75% tirés des accès mobiles au réseau. Ces chiffres sont très surveillés car les services gratuits sur internet dépendent de la publicité pour leur financement.

Twitter reste pour l'instant un petit joueur sur le marché mondial de la publicité en ligne, dont il a grappillé 0,5% l'an dernier, après 0,3% en 2012, selon des estimations de la société spécialisée eMarketer. La part de marché de Facebook, numéro deux derrière Google, est de 5,7%.




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