Le ralentissement des économies émergentes, la mollesse de la croissance américaine, la récession européenne, l'essoufflement des ménages et l'austérité budgétaire gouvernementale: voilà autant d'entraves à l'expansion réelle canadienne qui traverse un passage à vide.

Mis à jour le 19 sept. 2012
Rudy Le Cours LA PRESSE

Elle aura sans doute été contenue à 1,0% en rythme annualisé au cours de l'été, selon les prévisions les plus récentes de la TD.

Même à 1%, le pronostic de la TD n'est pas le plus sombre puisque Scotia est d'avis que l'économie a fait du surplace entre juin et septembre.

Dès l'automne, la croissance canadienne devrait se rapprocher de son potentiel d'environ 2% et franchir la barre des 2% pour chacun des trimestres de 2013 et 2014.

«Nous présumons que les vents adverses extérieurs se seront dissipés assez pour relancer les exportations canadiennes et inciter les entreprises qui regorgent de liquidités à délier les cordons de leurs bourses», écrivent Craig Alexander, Derek Burleton et Diana Petramala, dans la mise à jour de leurs perspectives publiées hier.

Leurs investissements devraient augmenter de 7% en moyenne afin de faire face à une concurrence mondiale toujours plus aguerrie.

Les ménages ne pourront servir de locomotive. Alors qu'ils tentent de refaire leur bilan et de réduire leur endettement, ils seront aux prises avec une poussée des prix des aliments, susceptible de faire grimper le taux d'inflation de 0,6% en 2013 et 2014, jaugent les économistes. La croissance de leurs dépenses sera limitée aux environs de 2%.

L'attiédissement en cours sur le marché de l'habitation va aussi ralentir la construction, responsable de la rapide sortie de récession en 2009 et 2010. En fait, cette correction va freiner la croissance des deux prochaines années dans une plus grande mesure encore que les plans d'austérité budgétaires des gouvernements.

La TD est confiante que l'amélioration de la croissance mondiale, estimée à 3,3% en 2013 comparativement à 3,1% cette année, permettra de soutenir des prix élevés pour les biens de base.

Cela va favoriser la croissance canadienne exprimée en dollars d'aujourd'hui (le PIB nominal), ce qui sera sans doute une source de soulagement pour les gouvernements.

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, s'est inquiété dernièrement de la quasi-stagnation de l'assiette fiscale alors que l'expansion réelle canadienne avait atteint 1,8% d'avril à juin, la variation du PIB nominal ayant été contenu à 0,5% seulement. Sa progression devrait repasser au-dessus des 4% pour chacun des trimestres de 2013 et 2014, estiment les économistes de la TD.

Le taux de chômage, qui s'accroche aux environs de 7,3% cette année, devrait diminuer à mesure que la croissance va s'accélérer. Il devrait se situer en moyenne à 7,0% l'an prochain et à 6,2% seulement, en 2014.

Cela suppose l'ajout mensuel de 20 000 à 25 000 emplois durant 2013 et 2014.

En dépit de cette diminution du chômage, le taux d'inflation devrait se situer aux environs de 2% durant la période de projection.

Cela suppose toutefois que la Banque du Canada va resserrer quelque peu son taux directeur. TD prévoit un demi-point en 2013 et un autre en 2014, ce qui porterait le taux cible de financement à un jour à 2,0% à la fin de 2014. Il se situe à 1% depuis septembre 2010.