Le distributeur sur internet Amazon (AMZN) a publié jeudi un bénéfice net en hausse de plus de 45% au deuxième trimestre mais inférieur aux attentes, faisant chuter l'action lors des échanges après-Bourse, malgré un bond des ventes.

AGENCE FRANCE-PRESSE

L'action perdait 13,55% à 103,88 dollars vers 16h30, lors des échanges électroniques suivant la clôture de la séance officielle.

Le bénéfice net du magasin en ligne s'est élevé à 207 millions de dollars lors du trimestre clôturé fin juin. Par action, cela représente 45 cents, très en dessous des attentes des analystes, qui espéraient 54 cents en moyenne.

Les ventes du groupe ont bondi de 41% sur un an à 6,57 milliards de dollars, dépassant les prévisions des analystes (6,54 milliards de dollars en moyenne).

«Nous voyons une croissance rapide dans les ventes du Kindle», qui ont triplé sur un an au premier semestre, a souligné Jeff Bezos, fondateur et directeur général, dans le communiqué.

Le groupe continue cependant à tenir secrets les chiffres de vente de sa tablette.

M. Bezos s'est aussi félicité des recettes des «services Amazon internet, ventes aux tiers et vente de détail».

«Sur les douze derniers mois, les clients dans le monde ont commandé depuis leur appareil mobile pour plus de 1 milliard de dollars de produits Amazon», a aussi souligné M. Bezos, se disant confiant dans le potentiel des tablettes électroniques, comme le Kindle ou l'iPad, pour «devenir un vecteur supplémentaire» de ventes.

Le groupe qui s'est d'abord fait connaître comme librairie en ligne a annoncé cette semaine qu'il avait vendu plus de livres sur le Kindle que de livres reliés sur les trois derniers mois.

Mais l'édition papier connait parallèlement «une croissance à deux chiffres», a vanté le directeur financier Tom Szkutak lors d'une conférence d'analystes.

Les ventes de médias (livres, disques, DVD, etc) ont augmenté de 18% à 2,87 milliards de dollars au cours du trimestre, et celles d'articles électroniques et d'autres marchandises ont bondit de 69% à 3,49 milliards de dollars.

Le recul des marges opérationnelles a toutefois échaudé les investisseurs, notamment la hausse des dépenses d'exploitation.

«La surprise négative est venue des marges opérationnelles», relèvent les analystes de Citi dans une note, à cause d'une hausse des dépenses de marketing: «où vont ces dépenses?» se demandent les analystes de Citi.

Amazon a fortement baissé le prix de sa tablette de lecture Kindle ces derniers mois. Le directeur financier a mis en avant des investissements pour «augmenter la capacité et répondre à une forte demande».

Le groupe soutient notamment les ventes du Kindle à coup de campagnes publicitaires et notamment de spot TV: «nous pensons que c'est la bonne chose à faire», a noté M. Szkutak.

Amazon investit aussi dans les centres de gestions des commandes, aussi bien aux États-Unis qu'à l'international. M. Szkutak a averti que les dépenses devraient atteindre leur sommet cette année au troisième trimestre: «nous prévoyons d'augmenter nos infrastructures».

Pour le troisième trimestre, le groupe prévoit des ventes entre 6,9 et 7,625 milliards de dollars, soit une croissance prévue entre 27 et 40% sur un an, alors que les analystes tablaient jusque là sur 7,15 milliards en moyenne.

Le groupe prévoit un bénéfice opérationnel évoluant entre une hausse de 24% et une baisse de 16%.