L'iPad se vend bien. Presque trop bien.

Vincent Brousseau-Pouliot LA PRESSE

Apple a vendu lundi sa trois millionième tablette tactile, qui a été lancée le 3 avril dernier aux États-Unis et le 28 mai dans neuf pays, dont le Canada. À ce rythme, Apple vendra plus de 12 millions d'iPad en un an.

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Apple, dont le titre boursier s'est apprécié de 1,36% hier, ne dévoile pas ses ventes d'iPad au Canada et au Québec. Dans la région de Montréal, la plupart des boutiques informatiques sont toutefois en rupture de stock tellement la demande pour la tablette est forte.

Hier, aucun iPad n'était disponible à l'Apple Store de la rue Sainte-Catherine, au centre-ville de Montréal. Il ne restait qu'une quinzaine d'iPad 16 Go au magasin officiel d'Apple à Laval, comparativement à une dizaine de modèles 64 Go au magasin officiel de Pointe-Claire.

Les quatre magasins grand public de Micro-Boutique, situés dans la région de Montréal et à Sherbrooke, sont aussi en rupture de stock. «On vend ce qu'Apple daigne nous envoyer. Tout ce qui rentre reste en magasin quelques heures ou quelques jours, selon le modèle. Au retour du week-end, nous n'avions plus rien. Nous prenons des commandes et, souvent, la nouvelle livraison d'Apple couvre à peine les commandes. Il reste peut-être quelques tablettes dans nos magasins universitaires, mais c'est tout», dit Jean-Claude Gascon, directeur du marketing de Micro-Boutique, qui exploite quatre boutiques pour le grand public et trois autres pour la communauté universitaire.

Les magasins Future Shop, l'une des deux chaînes de grandes surfaces à vendre l'iPad au Canada avec Best Buy, éprouvent aussi des problèmes d'approvisionnement. «Il peut arriver que certains de nos magasins soient en rupture de stock ou qu'ils n'aient pas tous les modèles, dit Thierry Lopez, directeur du marketing de Future Shop. Le lancement de l'iPad a été à la hauteur des attentes. Dès le premier jour, le succès a été phénoménal et ça ne relâche pas.»

La situation n'est pas différente chez iStore, un réseau de trois boutiques informatiques indépendantes spécialisées dans les produits Apple.

«Nous sommes toujours en rupture de stock. Nous avons une liste de réservations d'environ 10-50 clients par modèle d'iPad. Certains clients changent à un modèle plus performant parce que ces modèles sont disponibles plus facilement», Georges Boustani, gérant du iStore de l'avenue Victoria, à Westmount, une boutique qui a vendu environ 300 tablettes tactiles.

Moins d'un mois après la sortie de l'iPad au Canada, les revendeurs de produits Apple ne sont pas surpris de la popularité de la tablette. «Le rythme des ventes n'a pas ralenti, dit Jean-Claude Gascon, de Micro-Boutique. L'offre n'a pas réussi à suffire à la demande. Ce n'est pas une surprise, car Apple avait aussi eu des difficultés à répondre à la demande aux États-Unis.»

44 millions d'iPhone 4 en un an?

Le titre boursier d'Apple s'est apprécié hier de 1,36% ("3,68$US), clôturant la séance à 273,85$US. Vendredi dernier, le titre avait atteint son sommet historique (274,07$US) depuis son entrée en Bourse en 1980.

Si les investisseurs se réjouissent des succès commerciaux de l'iPad, ils surveilleront aussi attentivement le lancement de l'iPhone 4 demain aux États-Unis. Apple aurait reçu 600 000 précommandes de son dernier téléphone intelligent. La demande pour l'iPhone 4 est tellement forte que le système de réservation a connu des problèmes d'engorgement qui ont nécessité les excuses du PDG, Steve Jobs.

L'analyste Chris Whitmore, de la Deutsche Bank, estime qu'Apple vendra 44 millions d'exemplaires de l'iPhone 4 la première année et 55 millions d'exemplaires la deuxième année. L'analyste boursier de la Deutsche Bank pense que l'action d'Apple attendra 375$US au cours de la prochaine année. Il s'agit du cours cible le plus optimiste parmi les 35 analystes boursiers répertoriés par Bloomberg, dont le cours cible moyen pour l'action d'Apple est de 322,97$US.