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Washington optimiste, les consommateurs moroses

Rudy Le Cours
La Presse

(Montréal) Les autorités politiques et monétaires américaines prêchent un optimisme prudent, mais des données économiques montrent que la récession fait toujours rage.

Le président Barack Obama et le président de la Réserve fédérale (Fed), Ben S. Bernanke, étaient tous deux conférenciers hier. Ils ont livré un message de confiance tout en soulignant que bien des embûches jalonnaient la voie vers un franc retour à la croissance.

 

Les mesures prises jusqu'ici pour stimuler l'économie, secourir les banques et le marché de l'habitation commencent à «générer des signes de progrès», a affirmé M. Obama à l'Université Georgetown tout en prévenant que «2009 continuera d'être difficile pour l'économie américaine».

«Les conditions économiques présentes sont difficiles, a admis M. Bernanke au Morehouse College d'Atlanta. Les fondements de notre économie sont toutefois solides et il n'existe pas de problème que nous ne pouvons résoudre par la perspicacité, la patience et la persistance.»

Leurs interventions coïncidaient avec la publication par le département du Commerce de données décevantes sur les ventes au détail en mars. Alors que les économistes tablaient sur une hausse de 0,3%, les autorités statistiques annonçaient plutôt un recul de 1,1%. Toutefois, elles ont aussi révisé à la hausse les données de février, désormais positives.

Les dépenses de consommation auront sans doute contribué modestement à la croissance réelle de l'économie au premier trimestre, à moins d'une chute imprévue de la consommation de services.

Au dernier trimestre de 2008, marqué par une décroissance de 6,3% du produit intérieur brut (PIB), la consommation avait apporté sa pire contribution en 28 ans.

Son petit rebond cette fois-ci n'aura pu contrer toutefois le recul des investissements et la diminution des stocks des entreprises.

L'économie s'est encore enfoncée dans la récession de janvier à mars. «Les données économiques sur les ventes au détail soulignent que la récente vague d'indicateurs économiques encourageants doit être appréciée par les investisseurs avec une bonne dose de scepticisme», prévient Meny Grauman, économiste chez CIBC.

D'aucuns croient cependant que la décroissance ralentit. Ce n'est pas avant le quatrième trimestre au plus tôt que la croissance sera de nouveau au rendez-vous, cependant.

La consommation ne pourra reprendre de façon soutenue car ce n'est pas avant une expansion à un rythme annualisé de 2,5% que le chômage pourra diminuer et ranimer l'optimisme des consommateurs. En mars, le taux des demandeurs d'emploi s'élevait à 8,5%, le plus élevé depuis 1983. La barre de 10% sera peut-être franchie d'ici le milieu de l'an prochain.

«La grave détérioration de l'emploi et une propension plus grande à épargner continueront à miner la progression de la consommation», prédit Francis Généreux, économiste principal chez Desjardins.

C'est pourtant elle qui a servi de moteur à la croissance de l'économie américaine à un rythme de plus de 3% de 2002 à 2007.

C'est aussi l'insatiable appétit du consommateur américain qui a soutenu la croissance mondiale, y compris celle du Canada, rappelle Douglas Porter, économiste en chef adjoint chez BMO Marchés des capitaux. «La dure réalité, c'est qu'il n'existe pas de substituts évidents au consommateur américain, écrit-il dans une analyse prospective d'une croissance qui ne serait plus mue par la consommation. Cela signifie que, quand la croissance sera au rendez-vous, non seulement elle sera plus faible aux États-Unis, mais aussi ailleurs dans le monde à moyen terme et en particulier au Canada.»

Affligé par la perte de valeur de sa maison et de ses placements, le consommateur américain devra aussi faire face à des impôts accrus pour rembourser les déficits massifs actuels de l'administration Obama pour extirper les États-Unis de la pire récession en plus de 70 ans.

Au début de la présente décennie, rappelle M. Porter, les exportations canadiennes chez nos voisins du Sud équivalaient à 30% de la taille de notre économie. C'est maintenant 20%, un chiffre malgré tout élevé qui rend impérative la conquête de nouveaux marchés. «Sinon, avec des dépenses réelles américaines en croissance d'à peine 2%, le PIB canadien aura du mal lui aussi à augmenter de plus de 2% de manière soutenue, même avec une reprise aux États-Unis.»

 




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