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Un départ payant pour Michael Sabia

(Montréal) Le Tout-Québec inc. savait Michael Sabia nanti après ses quelques années à la présidence de BCE (T.BCE), société mère de Bell Canada.

Mais au bout du compte, c'est une cagnotte d'au moins 20,9 millions de dollars en salaires et primes spéciales que M. Sabia avait en poche au moment où il a accepté d'assumer la présidence de la Caisse de dépôt et placement, à la demande du gouvernement Charest.

 

C'est ce que l'on constate dans la circulaire de direction que BCE achemine ces jours-ci à ses actionnaires, en prévision de l'assemblée annuelle du 7 mai à Toronto.

Aussi, cette circulaire confirme que Michael Sabia encaisse depuis septembre 2008, à son 55e anniversaire, une rente de retraite viagère d'au moins 9 687 000$ par année de la part de BCE.

De plus, M. Sabia détient des options d'achat pour 863 393 actions de BCE, exerçables d'ici trois ans.

Mais en raison de prix de levée variant de 30,75$ à 40,65$ l'action, ces options demeureront sans valeur pour M. Sabia tant que les actions de BCE ne se seront pas appréciées considérablement par rapport à leur cours actuel de 26$.

Dans l'immédiat, l'information sur la fortune de Michael Sabia tirée de BCE remet en contexte sa renonciation très publicisée à une partie de sa rémunération prévue comme PDG de la Caisse de dépôt.

Jeudi dernier, après des jours de controverse médiatique et politique sur la nomination rapide de M. Sabia, la haute direction de la Caisse avait annoncé qu'il renonçait à toute prime d'ici deux ans, de même qu'à une éventuelle indemnité de cessation d'emploi et à sa future rente de retraite, prévue à 235 000$ par année.

Le président du conseil de la Caisse, Robert Tessier, lui aussi nouveau en poste, avait alors vanté cette renonciation comme une décision «altruiste» et «généreuse».

Malgré tout, Michael Sabia a décidé de se prévaloir de son salaire d'un demi-million par année, qui apparaît important pour le président d'une société d'État du gouvernement québécois.

Mais ce montant s'avère maintenant mineur par rapport à la rémunération multimillionnaire de M. Sabia tirée de ses quelques années à la présidence de BCE.

D'ailleurs, sa fortune totale découlant de BCE approche la trentaine de millions de dollars lorsqu'on ajoute les 20,9 millions versés en 2008 à la dizaine de millions obtenus durant les années précédentes.

BCE

Du point de vue des actionnaires de BCE, cependant, la rémunération de départ consentie à Michael Sabia - malgré un bilan mitigé comme PDG et l'échec d'une riche offre d'achat par Teachers' - pourrait provoquer de vifs débats lors de l'assemblé du début de mai.

D'autant qu'avec les primes attribuées à M. Sabia, qui ont totalisé 27 fois son salaire de base en 2008, la rémunération totale des six principaux dirigeants de BCE a explosé à 43,7 millions lors du dernier exercice.

À l'exception de M. Sabia, la rémunération de chacun des cinq autres hauts dirigeants en fonction, dont le nouveau PDG George Cope, s'est échelonnée de 4 millions à 5,5 millions.

Aussi, la majeure partie de cette rémunération était composée de primes plutôt que de salaires de base.

Même que les six principaux dirigeants de BCE, dont M. Sabia, se sont partagé 15,7 millions en primes spéciales pour la transaction prévue avec Teachers, qui a pourtant été annulée.

Dans sa circulaire de direction, BCE justifie ces primes par le fait que ses hauts dirigeants ont augmenté leur charge de travail durant les tractations avec Teachers', sans pouvoir négocier d'actions de l'entreprise, ni monnayer leurs options.

Selon BCE, ces primes spéciales en 2008 furent «exceptionnelles et non récurrentes».

N'empêche que, pour parer à la controverse parmi ses actionnaires, BCE annonce dans sa circulaire qu'elle emboîte le pas aux banques et quelques autres grandes entreprises en instaurant un vote consultatif sur la politique de rémunération de ses hauts dirigeants.

Le conseil d'administration de BCE recommande aux actionnaires de se prononcer en faveur d'une proposition en ce sens présentée par le Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), fondé par Yves Michaud.

 




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