Pris dans une querelle avec les chercheurs universitaires, l'avenir du grand patron de Génome Québec, Paul L'Archevêque, se joue aujourd'hui, selon ce qu'a appris La Presse Affaires.

Mis à jour le 25 févr. 2009
Stéphane Paquet
Stéphane Paquet LA PRESSE

Un «comité exécutif spécial» du conseil d'administration se réunit dans la journée pour faire le point sur les «questions de contrôle» exigées par Génome Québec dans ses relations avec les universités.

 

L'année dernière, Génome Québec a subventionné pour 67 millions de dollars de projets de recherche. Québec a versé le tiers de ces sommes, alors que Génome Canada en a accordé 37%. Le secteur privé a quant à lui avancé 30% de l'argent.

L'objectif des recherches est, par exemple, de découvrir les gènes responsables du cancer ou de l'Alzheimer.

Une source interne à Génome Québec confirme qu'«il y a un problème avec les universités. Le gouvernement (du Québec) nous a demandé de mieux nous entendre avec les universités».

Cette même source parle de «situation sérieuse» en s'empressant d'ajouter: «Il n'y a pas eu de fraude.»

N'empêche, une autre source nous indique également que le problème est suffisamment sérieux pour nécessiter des discussions sur la présence de M. L'Archevêque au poste de président et directeur général. Le comité exécutif spécial d'aujourd'hui est en fait la suite d'une rencontre tenue la semaine dernière. On a déjà prévu chez Génome de publier un communiqué après la rencontre.

Joint hier, M. L'Archevêque a rapidement mis fin à la discussion, refusant de donner plus de détails.

Question de contrôle

Le noeud du problème entre Génome Québec et les universités se trouve dans les contrôles exigés aux chercheurs universitaires, qui financent leurs projets chez Génome Québec, selon deux sources proches du dossier.

Aucun des quatre vice-recteurs à la recherche des universités québécoises que nous avons contactés n'a voulu donner plus de détails sur cette information. À l'Université de Sherbrooke, la porte-parole, Caroline Dubois, a invoqué «des discussions en cours avec Génome Québec» pour justifier le silence du vice-recteur.

À Québec, Anne-Sophie Desmeules, l'attachée de presse du ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, insiste sur l'indépendance du conseil d'administration de Génome Québec. Puis elle ajoute: «Ce qu'on veut, comme gouvernement, c'est que Génome Québec trouve une façon de fonctionner qui répond aux besoins de tout le monde.»