Convertie en société par actions depuis l'été, l'ancien Fonds de revenu Transforce (T.TIF.UN) n'entend pas ralentir sa course.

Réjean Bourdeau

Convertie en société par actions depuis l'été, l'ancien Fonds de revenu Transforce [[|ticker sym='T.TIF.UN'|]] n'entend pas ralentir sa course.

«On veut faire passer nos revenus à plus de 3 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années», lance son président Alain Bédard.

L'an dernier, l'entreprise de camionnage a affiché des revenus de 1,9 G$ et un bénéfice avant impôts de 100,8 M$.

«C'est possible de le faire parce qu'il y a encore des centaines de petites compagnies de transport au Canada, dit-il. Avec notre structure diversifiée, il y a énormément de place pour nous.»

Services spécialisés

À travers ses familles de services, Transforce regarde surtout pour faire des achats du côté du transport de colis, du transport de lots brisés (LTL) et des services spécialisés (logistique, déchets, etc.)

Depuis six ans, Alain Bédard a réalisé 75 achats.

«Je suis un gars de fusions et d'acquisitions, dit celui qui est comptable de formation. J'ai encore une quarantaine de dossiers sur mon bureau.»

Qu'est-ce qu'il recherche?

Des compagnies de transport rentables avec des gestionnaires et des employés compétents.

Le président vise aussi le marché canadien. «On n'est pas encore prêt à s'aventurer aux États-Unis, dit-il. On a déjà une présence avec de bons partenaires. On va rester comme ça.»

Grosso modo, Transforce réalise 35% de ses revenus en Ontario, 33% dans l'Ouest canadien, 30% au Québec et 2% aux États-Unis.

Devenue une société par actions, par un vote favorable à 84,2% par ses porteurs de parts le 13 mai dernier, Transforce continue à avoir les moyens de ses ambitions, estime son grand patron.

«On ne pouvait plus faire grandir l'entreprise avec un modèle de fiducie de revenu car le ministre Flaherty a tué le système en novembre 2006, rappelle-t-il. On a donc été la première entreprise industrielle à se transformer en société par actions.»

Ce faisant, Transforce utilisera les flux monétaires (cash flow) d'environ 100 M$ qu'elle produit annuellement pour faire des acquisitions ou pour réduire sa dette, explique Alain Bédard. Auparavant, cette somme était versée aux détenteurs de parts.

Pour faire des achats de 200 M$ en revenus dans le secteur du transport, il en coûte entre 75 et 100 M$.

«On génère assez de cash flow pour continuer à grandir de 200 à 300 millions par an», avance le président.

L'ENTREPRISE

Chef de file de l'industrie du camionnage au Canada. Transforce emploie 16 000 personnes et possède 8000 camions. Elle affiche des revenus de 2 milliards répartis dans cinq secteurs d'activités : le transport de lots brisés; le transport de colis et courrier; les services spécialisés (logistique, gestion de déchets, etc.) ; le transport spécialisé de lots complets et le transport de lots complets.

DÉFI

Continuer à faire grandir l'entreprise maintenant qu'elle n'est plus une fiducie de revenu.

STRATÉGIE

Profiter de la nouvelle structure de société par actions pour poursuivre les acquisitions.

À RETENIR> Endettement: On a une dette de 800 M$. Le ratio d'endettement est d'un peu plus de 2,5 fois le BAIIA. La cible idéale est d'être en bas de 2,5. Depuis notre conversion en mai, on a payé un dividende. Et on aura réduit notre dette d'à peu près 50 à 75 millions d'ici la fin de l'année.

> Vente d'actifs: Pour réduire la dette, on songe à vendre des actifs non essentiels. Nous avons des sites de transport (entrepôts et docks) mais nous ne sommes pas dans l'immobilier. On pourrait vendre quatre propriétés à Toronto et dans l'Ouest canadien pour environ 100 millions.

> Plaisir: On s'amuse. Bien sûr il y a des défis: le prix du carburant, l'économie, le dollar. Mais si on s'en va ailleurs, il va y avoir autre chose. La vie, c'est des défis. Et nous, on est des bâtisseurs. Vous connaissez M. Saputo, (Lino père, président du conseil du groupe Saputo). C'est un bâtisseur et il est l'actionnaire principal avec 14-15%.

> Acquisitions: On n'essaye pas d'acheter des compagnies malades à des prix de pauvres. On essaye d'acheter des compagnies qui sont bonnes, de payer un prix raisonnable et d'en faire une meilleure compagnie.

> Technologies: Cette année on investira 15 millions dans toutes nos divisions pour avoir l'information efficace et rapide. Il faut avoir un bon coffre d'outils pour prendre les bonnes décisions.