L'acquisition de la Bourse de Montréal par le Groupe TSX est acceptable, estime l'ancien premier ministre Jacques Parizeau, à condition que l'Autorité des marchés financiers du Québec obtienne des assurances sur le maintien des activités boursières dans la métropole.

Martin Croteau

L'acquisition de la Bourse de Montréal par le Groupe TSX est acceptable, estime l'ancien premier ministre Jacques Parizeau, à condition que l'Autorité des marchés financiers du Québec obtienne des assurances sur le maintien des activités boursières dans la métropole.

«Des clarifications, des garde-fous, des garanties relativement simples», a résumé M. Parizeau, lundi soir, lors d'une présentation organisée par le Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC).

La semaine dernière, les actionnaires de la Bourse de Montréal ont appuyé à 99,6% l'offre d'achat de 1,2 milliard, qui donnerait naissance au Groupe TMX. C'est maintenant au tour de l'Autorité des marchés financiers (AMF) de se prononcer sur la transaction.

Jacques Parizeau pose trois conditions à la conclusion de la vente. Il exige d'abord que l'AMF obtienne des clarifications sur la nature des activités boursières qui se dérouleront dans la métropole, afin d'éviter que l'actuelle Bourse de Montréal ne devienne une «coquille vide».

Il souhaite aussi que des Québécois puissent être membres du conseil d'administration du nouveau Groupe TMX pour au moins 10 ans.

L'entente actuelle ne prévoit cette clause que pour trois ans. M. Parizeau veut enfin que les règles de propriété de la Bourse de Montréal, qui empêchent quiconque de détenir plus de 10% des actions, soient étendues à la nouvelle entité.

«Avec ces trois conditions, dit M. Parizeau, on peut marcher.»

Inquiétudes

Dans son exposé, prononcé devant 200 personnes, l'ancien chef péquiste a réitéré ses inquiétudes sur la disparition de «centres de décision» économiques, comme la Bourse de Montréal.

Il estime que des centaines, voire des milliers d'emplois sont en jeu, dans une économie où les services ont pris le pas sur le secteur manufacturier.

«À l'heure actuelle, il faut remettre énormément d'argent dans l'éducation, a affirmé M. Parizeau. Une société actuellement s'enrichit par les connaissances qu'elle a dans les domaines techniques et scientifiques. Et les centres de décision embauchent ce genre de monde, soit dans la recherche et le développement, soit dans la gestion, soit dans la finance.»