Loto-Québec continue de penser que le concept des Ludoplex est voué à un avenir prometteur.

Pierre Couture

Loto-Québec continue de penser que le concept des Ludoplex est voué à un avenir prometteur.

Hier, la société d'État s'est défendue d'avoir mal évalué l'offre de jeu de ses salons situés à Québec et à Trois-Rivières. «On préfère voir le verre à moitié plein qu'à moitié vide. Il faut se donner du temps», a indiqué la porte-parole Marie-Claude Rivet.

Il faut dire que depuis leur ouverture, les Ludoplex de Québec et de Trois-Rivières peinent à attirer des clients. L'achalandage demeure bien en deçà des attentes. À Québec, moins de 1000 clients par jour foulent le sol du Ludoplex. À Trois-Rivières, on parle d'un peu moins de 600 joueurs.

Pourtant, dans des documents rendus publics mardi par le ministère des Finances, on peut lire que l'achalandage prévu à Québec était estimé à environ 2000 clients par jour et à 1200 à Trois-Rivières.

Loto-Québec se défend d'ailleurs d'avoir gonflé les chiffres pour séduire les promoteurs intéressés à relancer l'industrie des courses de chevaux au Québec. «Nous avons mené plusieurs études et nos analyses étaient sérieuses», a fait valoir Mme Rivet.

Loto-Québec soutient avoir investi plus de 65 millions $ dans les installations et les équipements de ses Ludoplex de Québec et de Trois-Rivières.

Hier, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a reconnu que le concept traînait de la patte. «Cela ne fonctionne pas comme prévu», a-t-elle souligné lors d'un point de presse.

La ministre dit avoir demandé à la société d'État d'apporter des correctifs à l'offre de jeu des Ludoplex. Des tables de poker virtuel feront d'ailleurs leur entrée en juin.

Formule à revoir

Chez Attractions hippiques, le son de cloche est différent. «La formule ne fonctionne pas. Pour le moment, le contrat avec Loto-Québec est en défaut puisque les revenus garantis ne sont pas au rendez-vous», estime le porte-parole Jean-Paul Lejeune.

Attractions hippiques, propriétée du sénateur libéral Paul J. Massicotte, soutient avoir élaboré son plan d'affaires à partir des données fournies par Loto-Québec sur l'achalandage prévu dans les Ludoplex.

L'entreprise, qui dit avoir investi jusqu'à maintenant près de 40 millions $ dans les hippodromes de Québec, de Trois- Rivières et d'Aylmer, reçoit pour le moment 22 % des revenus générés par les quelque 800 appareils de loterie-vidéo (ALV) situés dans les Ludoplex et les hippodromes.

Or, en se basant sur les prédictions de Loto-Québec, Attractions hippiques croyaient encaisser 28 millions $ de revenus l'an dernier. L'entreprise affirme n'avoir touché que 8,1 millions $ tout en déclarant un déficit de 18 millions $.

Signe des temps, les bourses offertes à l'industrie des courses de chevaux par Attractions hippiques ont fondu de moitié cette année alors que le montant minimal devait s'élever à au moins 16,7 millions $.

Attractions hippiques reconnaît qu'elle ne peut rencontrer cette obligation puisque les revenus des Ludoplex ne sont pas là.

Faillite?

La ministre des Finances dit suivre le dossier avec prudence. Elle craint qu'Attractions hippiques ne fasse tout simplement faillite. «Ce n'est pas un dossier qui va traîner. On veut faire les choses correctement», a-t-elle fait valoir.

Tout en écartant la possibilité d'injecter de nouveaux fonds publics dans l'industrie, la ministre avance qu'Attractions hippiques a maintenant jusqu'en novembre 2009 pour respecter ses engagements envers les hommes de chevaux du Québec.