Le prix du mazout est à la baisse, mais ceux qui utilisent ce type de carburant pour chauffer leur maison ne peuvent pas encore s'en réjouir. Au niveau actuel, le prix est encore 22% plus élevé que l'an dernier à Montréal.

Hélène Baril

Le prix du mazout est à la baisse, mais ceux qui utilisent ce type de carburant pour chauffer leur maison ne peuvent pas encore s'en réjouir. Au niveau actuel, le prix est encore 22% plus élevé que l'an dernier à Montréal.

L'hiver dernier, les consommateurs ont payé en moyenne 86,2 cents le litre (avant taxes) pour alimenter leur fournaise. Cette année, la saison de chauffe commence avec un prix moyen supérieur à 1$ le litre, selon le dernier relevé de la Régie de l'énergie.

Le prix du mazout a toutefois continué à baisser depuis ce relevé et, hier, Ultramar l'offrait à 99,9 cents le litre. Mais c'est encore 13 cents de plus que la moyenne de l'hiver dernier.

Le prix du mazout a doublé depuis 2004. En outre, les fluctuations rapides du marché pétrolier ont fait pratiquement disparaître les différentes options traditionnellement offertes aux consommateurs pour se protéger des écarts de prix.

Ainsi, ne cherchez plus de prix fixes pour la saison, ça n'existe plus chez aucun détaillant. Les prix plafonds se font aussi de plus en plus rares.

Bouthillier et Rioux n'en offre plus. «C'est trop risqué, autant pour le client que pour nous», explique le président, Sylvain Vaillancourt.

En cherchant bien, il est encore possible de trouver des prix plafonds, à condition d'y mettre le prix.

Ultramar n'en fait pas la promotion, mais offre un prix maximum à ces clients qui le demandent.

Cette assurance, qui coûtait 50% il y a quelques années à peine, s'achète maintenant pour 175$. C'est l'équivalent de 7 cents de plus le litre que le prix du marché, pour un consommateur moyen qui achète 2500 litres de mazout pendant l'hiver.

C'est cher, mais c'est ce que ça coûte à Ultramar pour acheter les outils financiers qui lui permettent d'offrir l'assurance que le prix n'augmentera pas de l'hiver. «On ne fait pas d'argent avec ça», assure le porte-parole, Louis Forget.

Le prix plafond permet de connaître le prix maximum qu'on aura à payer, tout en profitant des baisses de prix. Pour ceux que ça intéresse, il y a peut-être lieu d'attendre avant de demander un prix plafond, puisque les prix sont à la baisse.

Depuis 10 jours, le prix du mazout sur le marché NYMEX a baissé de près de 17 cents le gallon, soit l'équivalent et 4 cents le litre.

Clientèle en fuite

Les hausses à répétition du prix du mazout continuent de faire fuir la clientèle au Québec, où le prix de l'électricité est relativement bas.

«On perd beaucoup de clients, reconnaît Louis Forget, porte-parole d'Ultramar. On s'y attendait, mais si ça continue, ça va être un problème pour les plus petites entreprises, qui n'auront plus assez de clients pour maintenir le service.»

Comme l'industrie est en décroissance, la concurrence est féroce et il y a moyen de négocier son prix. Mais il faut faire bien attention aux offres non sollicitées, qui viennent de vendeurs itinérants. Si l'escompte est trop alléchant, il risque d'y avoir une attrape. Il faut aussi s'assurer que l'escompte proposé s'applique à toute la saison et pas seulement à la première livraison de mazout.

Selon Hydro-Québec, depuis que les prix du mazout se sont affolés, il y a environ 10 000 ménages par année qui convertissent leur système de chauffage du mazout à l'électricité.

À l'Association québécoise du chauffage au mazout, le constat est le même. «Depuis deux ou trois ans, l'industrie a perdu 50 000 clients», estime la porte-parole, Hélène Tomlinson.

La part du mazout dans le marché de la chauffe au Québec continue de rétrécir et atteint maintenant 12%, selon l'association.

Ce qui maintient l'industrie en vie, c'est la popularité de la bi-énergie, qui reste le mode de chauffage le plus économique. Ce type de chauffage utilise l'électricité jusqu'à ce que la température tombe sous les moins 12 degrés Celsius et le mazout ensuite.