L'activité des fonds d'investissement soutenus par le gouvernement du Québec, comme le Fonds de solidarité FTQ, a empêché le financement en capital-risque de sombrer encore plus profondément dans le marasme au troisième trimestre.

Hélène Baril

L'activité des fonds d'investissement soutenus par le gouvernement du Québec, comme le Fonds de solidarité FTQ, a empêché le financement en capital-risque de sombrer encore plus profondément dans le marasme au troisième trimestre.

Les investissements en capital-risque au Québec ont totalisé 110 millions de dollars pendant les mois de juillet, août et septembre. C'est 11% de moins que pour la même période l'an dernier, selon les chiffres compilés par Thomson Reuters pour Réseau Capital, l'association qui regroupe les principaux acteurs de l'industrie.

Les investissements du troisième trimestre sont toutefois plus élevés qu'au trimestre précédent, ce qui améliore les résultats annuels qui s'annonçaient catastrophiques. Au deuxième trimestre, les investissements en capital-risque avaient fondu de moitié.

«Ça demeure difficile, à cause du contexte de l'économie mondiale», a commenté Charles Cazabon, vice-président de la Banque de développement du Canada et président de Réseau Capital.

Depuis le début de 2008, l'industrie du capital-risque a investi 1 milliard au Canada, soit 33% de moins que l'an dernier, et 266 millions au Québec, ou 41% de moins qu'il y a un an.

Au troisième trimestre, la performance québécoise en matière de capital-risque a toutefois été meilleure que celle du Canada, qui enregistre une baisse deux fois plus forte, soit de 26%. C'est à cause de la forte présence des fonds bénéficiant d'une aide fiscale, comme le Fonds de solidarité FTQ, Fondaction ou Capital coopératif Desjardins.

Les étrangers désertent

À eux seuls, ces fonds ont réalisé la moitié des 110 millions d'investissements du troisième trimestre. Cet argent est allé dans le secteur des technologies de l'information (51%), dans celui des sciences de la vie (26%) et dans les activités dites traditionnelles (21%). Ce sont des entreprises de la région de Montréal qui en ont bénéficié, à 82%.

Quant aux investisseurs américains et autres étrangers, ils ont à peu près déserté le marché québécois. Leurs investissements continuent de baisser et n'étaient plus que de 16 millions au troisième trimestre, soit la moitié de ce qu'ils étaient il y a un an.

Autre signe que l'environnement n'est pas favorable au capital-risque, les entreprises financées reçoivent des sommes plus petites. Au troisième trimestre, l'investissement moyen était de 1,9 million par entreprise comparativement à 2,2 millions il y a un an.