Au bout d'un programme d'échantillonnage en vrac de 50 000 tonnes, Ressources Métanor a découvert que le gisement du projet Barry, au sud de Desmaraisville, avait une teneur en or 25% plus élevée que prévu.

Hugo Fontaine

Au bout d'un programme d'échantillonnage en vrac de 50 000 tonnes, Ressources Métanor a découvert que le gisement du projet Barry, au sud de Desmaraisville, avait une teneur en or 25% plus élevée que prévu.

L'entreprise y lance donc un programme d'exploitation commerciale de 50 0000 tonnes, pour lequel elle a obtenu les dernières autorisations gouvernementales la semaine dernière.

Une étude effectuée en 2007 montrait un potentiel de 4,23 grammes d'or à la tonne pour ce gisement entre Lebel-sur-Quévillon et Chapais. Mais le dernier échantillonnage laisse plutôt espérer une teneur de 5,23 grammes à la tonne.

«Il y avait beaucoup de pépites dissimulées dans la roche, explique le vice-président et directeur général de l'exploitation de Métanor, Claude Imbeault, en entretien avec La Presse Affaires. Nous l'avons découvert en lançant la mine à ciel ouvert.»

Le minerai extrait de la fosse Barry sera traité à l'usine du lac Bachelor, à une soixantaine de kilomètres plus au nord.

C'est cette usine, acquise en novembre 2004 en même temps que la propriété, qui permet à Métanor d'avoir pu se lancer si vite en production. «Il y a beaucoup de projets à 100 kilomètres à la ronde, mais ils n'ont pas d'usine, dit M. Imbeault. Construire une usine coûterait 35 millions. Pour eux, le volume de minerai n'est pas justifiable pour construire une telle usine. Ce qui est intéressant, c'est qu'on pourra éventuellement acquérir ces propriétés.»

Claude Imbeault estime à de 25 à 28 millions le coût de démarrage de la production. Métanor évalue son coût de production à 422$ l'once. L'once d'or vaut plus de 970$US actuellement sur le marché.

À présent, l'entreprise emploie 68 personnes dans ses différentes installations, dont quatre autochtones cris, dans le cadre d'une entente intervenue avec la communauté Waswanipi.

Près du lac Bachelor, Métanor possède aussi une ancienne mine souterraine exploitée dans les années 1980. L'entreprise de Val-d'Or examine actuellement les possibilités d'approfondir le puits et exploiter les niveaux inférieurs d'ici 24 mois.

Selon M. Imbeault, Métanor a devant elle huit à 10 ans de réserves, si on combine les mines Barry et du lac Bachelor.

Action en baisse

Même si les nouvelles sont encourageantes, l'action de Métanor est en forte baisse à la Bourse de croissance de Toronto. Après avoir atteint les 1,20$ en mars, l'action naviguait autour de 70 cents hier.

Invité à commenter cette tendance, Claude Imbeault n'avait pas vraiment d'explication: «Je ne comprends pas. C'est probablement parce que nous ne sommes pas assez connus. Parce que Métanor n'a aucune dette, nous sommes en très bonne posture. On a démarré une mine plus vite que n'importe qui aurait pu le faire.»

Aucun analyste joint par La Presse Affaires n'était assez familier avec l'entreprise pour parler de leur situation. Brian Christie, de la Financière Banque Nationale, indique néanmoins que «tout le secteur minier junior a significativement décliné au cours des derniers mois. La cause de la chute de l'action de Métanor n'est pas nécessairement à chercher au sein de Métanor en tant que tel», dit-il.