Robert Milton s'apprête à tirer sa révérence.

Marie Tison

Robert Milton s'apprête à tirer sa révérence.

L'Américain de 47 ans a passé près de neuf ans à la tête d'Air Canada [[|ticker sym='T.AC.A'|]] et de Gestion ACE Aviation [[|ticker sym='T.ACE.A'|]], soit une véritable éternité dans le monde de l'aviation.

Il profitera de la dissolution d'ACE, la société mère d'Air Canada, pour «s'en aller vers le soleil couchant», selon ses propres termes.

Le jugement qui sera porté sur son règne dépendra notamment de la position de celui qui porte le regard: un nouvel actionnaire, un ancien investisseur, un employé, un client.

«Au niveau financier, au niveau de l'industrie, on a déjà porté un jugement positif sur Robert Milton», affirme Jacques Roy, professeur à HEC Montréal.

À preuve, le magazine Report on Business du Globe & Mail a notamment nommé M. Milton «président de l'année» en 2005.

Chris Murray, des Marchés mondiaux CIBC, note que M. Milton a réussi à intégrer rapidement Air Canada et Canadien et à survivre à une «litanie» d'obstacles: le 11 septembre, le SRAS (le syndrome respiratoire aigu sévère, qui a fait chuter les déplacements vers Toronto et vers l'Asie) et la flambée des prix du pétrole.

«Quand on se retrouve avec un transporteur en pleine santé, Air Canada, le meilleur programme de fidélisation au pays, Aéroplan, et le meilleur transporteur régional, Jazz, ce n'est pas par accident», déclare M. Murray.

L'analyste croit qu'avec le temps, le jugement porté sur le travail de M. Milton sera plutôt positif. Mais pour l'instant, c'est un peu plus négatif. «Il y a beaucoup de frustration en ce qui concerne la valeur de l'action d'Air Canada», note-t-il.

De son côté, Jacques Roy est plutôt critique quant au travail de Robert Milton.

«On dit qu'il a eu du succès à défendre Air Canada contre ONEX, mais après, c'est quand même lui qui a décidé de placer le transporteur sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers, ce qui a entraîné des milliers de dollars de pertes pour les anciens actionnaires.»

Mais selon M. Roy, la grande faiblesse de Robert Milton, c'est les relations de travail.

«Il n'a pas profité de la belle période qu'ils vivent présentement pour essayer de réparer les ponts brisés avec les employés, les syndicats, ou même avec la clientèle», soutient-il.

Il note également un certain manque de prévoyance. »Robert Milton a fait des choses à court terme pour créer de la valeur, remarque-t-il. Or, un leader qui veut laisser sa marque aurait posé des gestes ou investi pour l'avenir. Je ne vois pas cela dans la gestion de M. Milton.»