Quebecor, maison mère du câblodistributeur Vidéotron, voudrait bien obtenir une licence pour développer son propre réseau de téléphonie sans fil au Québec.

Maxime Bergeron

Quebecor, maison mère du câblodistributeur Vidéotron, voudrait bien obtenir une licence pour développer son propre réseau de téléphonie sans fil au Québec.

«Nous sommes intéressés, mais pas à n'importe quelle condition», indique le porte-parole Luc Lavoie, pendant un entretien avec La Presse Affaires.

Vidéotron a commencé à offrir la téléphonie sans fil à ses clients l'été dernier, en utilisant le réseau de Rogers. Le potentiel de croissance de ce modèle d'affaires est limité, reconnaît M. Lavoie.

«Ça fonctionne assez bien, mais ça fonctionne assez bien dans les limites de ce dont il s'agit : nous sommes des revendeurs, sous notre marque de commerce, du réseau de Rogers, dit-il. Alors, notre capacité de croissance est extrêmement limitée, notre flexibilité est également limitée, le choix de produits qu'on peut offrir est extrêmement limité.»

Industrie Canada tiendra au début de 2008 des enchères pour octroyer de nouvelles licences sans-fil. Ces fréquences permettront aux opérateurs existants d'augmenter la taille de leurs réseaux, ou encore à de nouveaux acteurs -comme Vidéotron- de mettre sur pied leurs propres infrastructures.

Selon Luc Lavoie, l'arrivée d'un quatrième opérateur dans un marché dominé par Bell, Telus et Rogers provoquera une chute de prix qui bénéficiera à tous les consommateurs.

«En ajoutant un acteur, automatiquement, ça va faire exactement la même chose que ça a fait en téléphonie résidentielle: dès lors que Vidéotron s'est lancé dans la téléphonie résidentielle, pour la première fois de l'histoire du Canada, les prix de la téléphonie ont tombé, et ils ont tombé pas à peu près, presque 50 % d'un coup.»

Industrie Canada tient présentement des consultations pour déterminer quelles seront les modalités de la mise aux enchères de nouvelles licences. Quebecor compte bien se faire entendre.

«On va intervenir dans ce processus de discussion formel qui a été lancé par le ministre Bernier, et on va faire connaître ce qui serait des conditions acceptables», a dit M. Lavoie.

Une foule de points techniques, comme le fait de réserver ou pas des licences pour les nouveaux entrants, devront être déterminés avant la mise aux enchères.

Intérêt des Américains

Il n'y a pas que Vidéotron qui soit intéressé par une licence. Primus et AT&T, deux entreprises américaines, ont exprimé cette semaine dans les médias le désir d'acheter des équipements -ou des licences- au Canada.

Or, en vertu des lois actuelles, les sociétés étrangères ne peuvent détenir plus de 46 % d'un fournisseur de télécommunications canadien.

Ces lois pourraient être assouplies par le ministre de l'Industrie Maxime Bernier, mais elles demeureront vraisemblablement inchangées pour la présente mise aux enchères.

«Ceux qui vont participer à l'enchère devront se conformer aux règles qu'on a en place», a indiqué Patrick Carrey, analyste des politiques de télécommunications à Industrie Canada.