VisualMed est née pendant un souper, quand le docteur Arthur Gelston s'est retrouvé en face de Gérard Dab, une de ses connaissances ou plutôt une personne qu'il croyait connaitre.

Hélène Baril

VisualMed est née pendant un souper, quand le docteur Arthur Gelston s'est retrouvé en face de Gérard Dab, une de ses connaissances ou plutôt une personne qu'il croyait connaitre.

«Je pensais qu'il était très riche et je lui ai parlé de mon idée», raconte le cofondateur de l'entreprise, sourire en coin. C'était en 1998.

Gérard Dab n'avait pas de millions mais il a travaillé à en trouver pour permettre à cette idée de devenir VisualMed.

L'entreprise a mis au point un outil informatique pour l'administration des soins de santé, qu'elle vend aux hôpitaux. Son système permet d'enregistrer et de contrôler les traitements et les médicaments administrés à un patient, ce qui a l'avantage de réduire les risques d'erreur et d'augmenter l'efficacité des soins.

Sauver des vies, éviter les erreurs de traitement et réduire les coûts de fonctionnement d'un établissement de santé, c'est ce que propose VisualMed. Son système fonctionne avec des écrans tactiles qui permet à l'équipe de soin de se connecter et d'effectuer rapidement des opérations comme l'admission d'un patient et la prescription d'un médicament ou d'un traitement. Le centre hospitalier ou la clinique peut ainsi libérer son personnel des tâches administratives et consacrer plus de temps à ce que pour ils sont payés, c'est-à-dire soigner.

«On sait qui fait quoi et à quelle heure», résume le docteur Gelston.

C'est pendant les dix années qu'il a passé comme directeur des cliniques médicales de l'hôpital Royal Victoria qu'Arthur Gelston a mis au point la colonne vertébrale de l'entreprise. «Des sytèmes informatiques pour les hôpitaux, ça existe, mais aucun autre n'a été conçu par des médecins», souligne-t-il.

Avec le temps, l'entreprise a raffiné son système, pour lui ajouter des outils d'aide à la décision. Un chirurgiem peut par exemple passer en revue électroniquement le dossier du patient et consulter une liste de traitements alternatifs. La baisse des coûts des ordinateurs a également permis à VisualMed de réduire le prix de sa solution informatique, qui peut donc être utilisée par des établissements plus petits.

L'hôpital Royal Victoria a été le premier utilisateur du logiciel. L'unité de soin des maladies colorectales de l'hôpital général juif vient d'en acheter un et le système estu aussi utilisé , qdans des hôpitaux et cliniques des États-Unis, dont un établissement à El Paso au Texas et un autre à Battle Creek au Michigan.

C'est le marché américain qui intéresse surtout VisualMed, dit son autre cofondateur, Gérard Dab. «Les percées vont se faire aux États-Unis, dans les nouveaux hôpitaux qui se construisent pour voler la clientèle des hôpitaux plus vétustes», dit-il.

Grâce à leurs contacts et à ceux du conseil d'administration, VisualMed entretient aussi des relations prometteuses avec des clients potentiels en France, en Italie et même au Japon. Au Québec, VisualMed n'a pas réussi à intéresser les administrations des deux futurs méga-hôpitaux universitaires, qui ont confié leurs informatisation à des Américains.

L'entreprise a inscrit ses actions au Nasdaq et à la bourse de Francfort,afin de réjoindre le plus grand nombre d'investisseurs possibles. Depuis un an, le titre a varié entre un minimum de 1,20 $US et un maximum de 4,08 $US. Installée au centre-ville de Montréal, VisualMed emploie actuellement une trentaine de personnes.

La route vers la profitabilité aura été longue pour VisualMed, qui a dépensé 45 millions depuis ses débuts. L'entreprise a encaissé ses premiers revenus l'an dernier. À la fin du dernier exercice, la perte atteignait 7 millions $US. Si tout se passe comme prévu, les revenus de l'exercice en cours devrait pour la première fois égaler les dépenses, prévoient les deux dirigeants, qui sont aussi les principaux actionnaires de VisualMed.

Pour continuer ses activités, VisualMed aura besoin de plus d'argent. En attendant de décrocher les gros contrats qu'ils convoitent, ses dirigeants ont commencé à vendre sous license et par abonnement une partie des services disponibles. Des cliniques dentaires peuvent ainsi gérér leurs activités à l'aide des outils développés par VisualMed, qui en retirera des revenus récurrents.

Huit ans après avoir quitté le monde la médecine pour celui des affaires, Arthur Gelston ne s'ennuie pas du tout de son ancien milieu de vie. «J'ai l'impression d'être plus utile pour les malades en travaillant ici qu'à l'hôpital», dit-il.

VisualMed

Siège social: Montréal

Nombre d'employés: 30

Revenus 2006: 309 000 $ US

Perte 2006: 7 millions $ US Principaux actionnaires: Gérard Dab et Arthur Gelston