Tel qu'attendu par les analystes, la Banque du Canada maintient son taux directeur à 4,25%.

Michel Munger

Tel qu'attendu par les analystes, la Banque du Canada maintient son taux directeur à 4,25%.

C'est donc la sixième fois de suite que la banque centrale ne trouve pas nécessaire de modifier les taux d'intérêt. La dernière fois qu'elle a annoncé une augmentation d'un quart de point, c'était le 24 mai 2006.

L'institution estime que l'évolution des économies canadienne et mondiale «concorde en gros» avec ses prévisions. À la fin de 2006, l'activité économique au pays tournait à un niveau équivalent ou tout juste supérieur à sa capacité.

Rappelons qu'en janvier, le taux d'inflation tel que rapporté par Statistique Canada s'élevait à 1,2% et qu'à la fin de 2006, le produit intérieur brut avait progressé de 2,7% sur un an.

«Les perspectives concernant la production et l'inflation demeurent essentiellement les mêmes que celles exposées en janvier, indique le communiqué de la Banque du Canada. La Banque s'attend à ce que l'économie canadienne continue de fonctionner près de son plein potentiel tout au long de 2007 et de 2008.»

En chiffres, l'indice global des prix à la consommation attendu par la Banque du Canada devrait se situer juste au-dessus de 1% au premier trimestre et revenir à la cible de 2% en 2008. Pendant ce temps, l'indice de référence devrait osciller autour de 2%.

La récente correction boursière ne rend pas la banque centrale nerveuse.

«Malgré la récente volatilité des marchés financiers mondiaux, la Banque considère encore que les risques qui entourent sa projection au sujet de l'inflation sont relativement équilibrés, dit le communiqué. Le plus important risque à la baisse tient toujours au fait que le rythme d'expansion de l'économie américaine pourrait être plus faible que prévu.»

Du côté des risques à la hausse, l'élément qui attire le plus l'attention est la crainte que les ménages dépensent plus que prévu en empruntant sur leur richesse immobilière grandissante.



Paul-André Pinsonnault, économiste principal au revenu fixe à la Financière Banque Nationale, s'attendait à l'annonce de mardi matin. À quelques détails près.

«Pas de grandes surprises dans ce communiqué, écrit-il dans une note. Nonobstant l'instabilité des marchés financiers et les données économiques décevantes des États-Unis, il aurait été prématuré pour la Banque du Canada de réviser nettement ses prévisions à l'heure actuelle.»

La FBN estime qu'il faut davantage de preuves avant de songer à réviser son scénario.

«Cela dit, poursuit M. Pinsonnault, nous sommes étonnés par l'introduction, aujourd'hui, d'une mention de l'effet de richesse dans le communiqué comme source de risque à la hausse pour la croissance économique».

«À vrai dire, ajoute-t-il, la Banque avait fait référence à la croissance rapide du crédit motivée par les marges de crédit sur valeur nette immobilière dans sa mise à jour de janvier, c'est donc un point qu'elle observe depuis un certain temps. Cela dit, le moment choisi pour introduire cette référence est celui même où l'inflation des prix immobiliers résidentiels semble marquer un palier.»

La Financière Banque Nationale écrit que l'effritement de l'économie des États-Unis fera monter la capacité excédentaire au Canada, exerçant une pression à la baisse sur l'inflation. Cela aurait pour conséquence de motiver la banque centrale à abaisser ses taux.

Le prochain Rapport sur la politique monétaire sera publié le 26 avril et la prochaine date d'établissement du taux directeur est le 24 avril.