L'assemblé d'Uniprix aurait été «virile et franche» mercredi. Le président du conseil a évité la destitution de justesse et la direction a présenté un nouveau plan stratégique, mais ce sont surtout les approches de Pharmaprix et Jean Coutu qui ont retenu l'attention.

Marie-Claude Morin

L'assemblé d'Uniprix aurait été «virile et franche» mercredi. Le président du conseil a évité la destitution de justesse et la direction a présenté un nouveau plan stratégique, mais ce sont surtout les approches de Pharmaprix et Jean Coutu qui ont retenu l'attention.

Lors de l'assemblée extraordinaire des actionnaires d'Uniprix mercredi, des rumeurs voulant que Pharmaprix et Jean Coutu aient approché Uniprix, l'année dernière, avec des offres d'achat ont hanté les corridors.

Selon ce que le réseau Argent (TVA) a appris, Pharmaprix aurait déposé l'an dernier une offre formelle pour acquérir Uniprix, mais celle-ci a été refusée. Jean Coutu aurait aussi fait une approche.

Lors d'une entrevue téléphonique, Pierre Gince, porte-parole d'Uniprix, a refusé de commenter la nouvelle: «ce ne sont que des rumeurs qui ont circulé dans les corridors».

M. Gince a souligné que même dans le cas où ces rumeurs étaient fondées, «il s'agirait d'information confidentielle de l'entreprise, que nous ne commenterions pas».

Les gros concurrents approcheraient maintenant certains pharmaciens sur une base individuelle. Ce qu'a confirmé le porte-parole d'Uniprix. «Oui, il y a du maraudage, mais Uniprix en fait également auprès de leurs pharmaciens.»

Des pharmaciens affiliés à Uniprix sont passés à d'autres groupes, mais «l'inverse est aussi vrai, certaines pharmacies affiliées à des groupes concurrents se sont jointes à Uniprix», a précisé M. Gince.

Chez Jean Coutu, une porte-parole a refusé de commenter le possible intérêt de la chaîne pour Uniprix. «Ce ne sont que des rumeurs», a déclaré Hélène Bisson. L'entreprise refuse également de commenter le passage de pharmaciens d'une bannière à l'autre.

Le président du conseil reste en place

Normand Bonin, président du conseil d'administration, faisait l'objet d'une motion de destitution lors de l'assemblée de mercredi.

Des actionnaires se plaignaient de la réaction d'Uniprix à la concurrence et des décisions stratégiques prises ces derniers mois.

Selon un document, non signé, qui aurait été remis aux participants à l'assemblée et dont le Journal de Montréal a obtenu copie, un ou des pharmaciens-propriétaires déploraient «le manque de leadership et de vision du président du conseil d'administration et le manque de transparence du conseil à l'égard des membres qu'il représente».

Toujours selon le Journal de Montréal, le ou les auteurs prétendent que la direction actuelle est «dépensière», alléguant sans plus de précisions la présumée dilapidation d'«une somme de 50 M$ répartis en congé de redevances, en taux d'intérêt préférentiels, en cadeaux et en transactions douteuses !!! (sic)»

Les actionnaires présents à l'assemblée ont voté à 61 % en faveur de la poursuite du mandat de Normand Bonin.

«Tous mes collègues et moi, appuyés par la direction de l'entreprise, avons d'importants défis à relever et c'est avec synergie que nous continuerons à travailler afin de nous démarquer dans le secteur hautement compétitif de la pharmacie de détail», a déclaré M. Bonin.

Modifications au modèle d'affaires

Uniprix continuera de fonctionner selon le modèle «franchiseur-franchisé», en place depuis les débuts de l'entreprise, mais un nouveau plan stratégique est maintenant en place.

Des modifications «techniques» au modèle étaient ainsi nécessaires, «afin de le moderniser et rendre Uniprix encore plus solide pour affronter les défis à venir.»

La teneur de ces changements n'a cependant pas été dévoilée.

Fondé en 1977, Uniprix regroupe près de 400 pharmacies affiliées sous les bannières Uniprix, Unipharm, Clinique Santé et Uniclinique.

Il s'agit du plus important regroupement de pharmaciens propriétaires et de la deuxième plus importante chaîne de pharmacies de détail au Québec, derrière Jean Coutu. Le chiffre d'affaires combinant les points de vente et le siège social serait de 1,5 G$.