Très inquiet de l'inaction du gouvernement fédéral en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le président du groupe Cascades, Alain Lemaire, réclame des cibles de réduction pour l'industrie et la mise sur pied d'une Bourse climatique.

Hélène Baril LA PRESSE

Très inquiet de l'inaction du gouvernement fédéral en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le président du groupe Cascades, Alain Lemaire, réclame des cibles de réduction pour l'industrie et la mise sur pied d'une Bourse climatique.

"Il y a urgence d'agir en matière de réduction de gaz à effet de serre et je ne peux m'empêcher de lancer aujourd'hui un cri d'alarme, écrit le grand patron de Cascades dans un texte publié aujourd'hui en page éditoriale. Qu'attend donc le gouvernement fédéral pour agir dans ce dossier?" demande-t-il.

M. Lemaire n'est pas le premier chef d'entreprise à réclamer des contraintes pour l'industrie. Avant lui, le président d'Alcan, Dick Evans, a profité de la tribune du Cercle canadien de Montréal pour demander à Ottawa une réglementation et des normes pour encadrer l'industrie.

Le président d'Ultramar, Jean Bernier, de son côté, a fait part publiquement de son appui au plan québécois de lutte contre les changements climatiques.

Règle générale, c'est le gouvernement qui impose les contraintes et non l'industrie qui les réclame. Mais depuis l'élection du gouvernement conservateur en janvier 2006, c'est le monde à l'envers.

Selon Alain Lemaire, "le quasi-immobilisme des autorités politiques fédérales, leur manque de détermination face au défi de réduction des gaz à effet de serre (GES) et leur absence de volonté sur la question d'une Bourse du carbone doivent nous inquiéter au plus haut point".

M. Lemaire cite les conclusions du rapport de l'ancien économiste en chef de la Banque mondiale, Nicolas Stern, qui estime que "si rien n'est fait, l'impact économique des changements climatiques équivaudra à un recul annuel de 5% du PIB mondial".