La fusion entre Abitibi-Consolidated (T.A) et Bowater a toutes les chances d'être scellée ce matin (jeudi).

Maxime Bergeron

La fusion entre Abitibi-Consolidated [[|ticker sym='T.A'|]] et Bowater a toutes les chances d'être scellée ce matin (jeudi).

Mercredi, les détenteurs d'actions échangeables de Bowater Canada ont approuvé à 99,99% la transaction, «un succès retentissant» selon Ronald Lindsay, vice-président à la direction de Bowater, qui assistait à l'assemblée.

Il s'agissait en quelque sorte d'un prélude, puisque les actionnaires de Bowater Canada représentent seulement 2% de l'actionnariat total de l'entreprise. La vraie assemblée de Bowater aura lieu ce matin (jeudi), à Atlanta, et la transaction a toutes les chances d'être approuvée, selon les analystes.

Du côté d'Abitibi-Consolidated, le principal actionnaire, Third Avenue Management, a déjà annoncé qu'il s'opposerait à la fusion. Les dirigeants de la société papetière demeurent toutefois confiants de voir la majorité des investisseurs donner leur appui.

Selon les analystes consultés par La Presse Affaires, Abitibi-Consolidated n'a pas le choix de se vendre ou de s'allier à un autre groupe, dans un contexte de marché aussi difficile.

«Si ce n'est pas cette transaction-là, ce sera une autre, a dit Hugues Bourgeois, de la Financière Banque Nationale. Il y a 11 millions de tonnes de capacité en Amérique du Nord, il faut en fermer.»

Même son de cloche chez Stephen Atkinson, du Groupe BMO. «Abitibi perd tellement d'argent, la transaction doit passer», a-t-il fait valoir.

Abitibi-Consolidated et Bowater espèrent réaliser des économies annuelles de 250 millions de dollars en combinant leurs activités.

Les deux entreprises ont conclu en janvier dernier une «fusion d'égaux» par échange d'actions, qui créera le huitième groupe mondial dans le secteur des pâtes et papiers. Le chiffre d'affaires combiné d'AbitibiBowater sera d'environ 7,9 milliards US.

Jacques Ménard, membre du conseil d'administration de Bowater, a tenu à défendre le bien-fondé de la transaction.

«Il y a beaucoup de concurrence, beaucoup de volume, et il faut réaliser aussi que la demande pour le papier journal, qui a été à bien des égards le fer de lance et le produit de base pour Abitibi et nous autres (Bowater), cette demande-là baisse de 6 ou 7% par année», a dit M. Ménard peu après la brève assemblée qui se déroulait dans un hôtel montréalais.

Et même si les anciens actionnaires d'Abitibi-Consolidated détiendront 48% des actions de la nouvelle entreprise (comparativement à 52% pour ceux de Bowater), le Québec est loin d'être perdant, selon M. Ménard. Le siège social de la nouvelle entité sera situé à Montréal, a-t-il fait valoir.

AbitibiBowater comptera 67 usines dans l'Est canadien et dans le nord-est des États-Unis. Les dirigeants ont refusé de confirmer jusqu'à maintenant si des fermetures auront lieu, mais l'analyste Stephen Atkinson juge ce scénario fort probable.

«Ils pourraient avoir à fermer des usines, celles qui coûtent le plus cher à exploiter, a-t-il dit. Elles seront au Canada, le Canada étant plus cher par définition.»

Les actionnaires d'Abitibi-Consolidated se réunissent à 10h ce matin (jeudi) pour se prononcer sur la transaction. Le département américain de la Justice devra aussi l'approuver.

Pour sa part, le Bureau de la concurrence du Canada a annoncé mardi qu'il ne contestera pas le projet de fusion des deux sociétés.

Abitibi et Bowater ont toutes deux présenté des résultats en baisse pour le deuxième trimestre, mardi dernier.