Hydro-Québec a connu un hiver fort occupé. Le niveau d'eau de ses grands réservoirs d'eau a fondu près de moitié en moins de cinq mois.

Pierre Couture

Hydro-Québec a connu un hiver fort occupé. Le niveau d'eau de ses grands réservoirs d'eau a fondu près de moitié en moins de cinq mois.

Au début de janvier, la société d'État a attaqué la saison hivernale avec d'importantes quantités d'eau dans ses barrages. On parlait alors d'un imposant coussin de 114,5 TWh ; deux TWh peuvent alimenter 120 000 maisons. Au 1er mai, la quantité d'énergie disponible ne s'élevait plus à 66 TWh, soit 12 % de moins qu'à pareille date l'an dernier.

Hydro-Québec soutient que la consommation intérieure explique en grande partie cette baisse des stocks énergétiques cet hiver. «Notre marge de manoeuvre demeure toutefois confortable», fait valoir le porte-parole d'Hydro-Québec Production, Sylvain Théberge.

Hydro-Québec dit également avoir profité d'occasions d'affaires sur les marchés extérieurs entre janvier et avril. La société d'État a en effet exporté 5,2 TWh aux États-Unis comparativement à trois TWh en 2006. Un autre térawattheure a servi à alimenter des contrats liant la société d'État à la ville de Cornwall et l'État du Vermont.

En contrôle

Ce n'est d'ailleurs pas la panique chez Hydro-Québec dont la capacité maximale des réservoirs s'élève à 180 TWh. Un été chaud et sans pluie ferait en sorte qu'elle pourrait répondre facilement à la demande québécoise jusqu'en 2011.

Chez Hydro-Québec, on rappelle que les mois d'été sont essentiels pour refaire le plein de ses réservoirs. Tout en profitant des possibilités de marché, la société d'État précise qu'elle garde un oeil attentif sur l'état de ses propres réserves énergétiques.

Or, selon un scénario de faible hydraulicité, Hydro-Québec n'envisage même pas à importer de l'électricité ou encore à redémarrer la polluante centrale au mazout lourd de Tracy pour répondre à la demande québécoise l'hiver prochain.

Avant d'en arriver à une telle solution, Hydro-Québec fait valoir qu'elle pourrait réduire ses réserves énergétiques jusqu'à 10 TWh. Advenant un tel cas, la société d'État pourrait faire également appel à sa production non engagée totalisant sept TWh cette année, 11 TWh en 2008 et quatre TWh en 2009.

Selon les projections d'Hydro-Québec, les stocks énergétiques du Québec devraient s'élever au1er janvier prochain à 113 TWh et à 114 TWh au début de 2009.

Depuis quelques années, la Régie de l'énergie demande à Hydro-Québec de rendre public deux fois l'an les niveaux de ses réserves énergétiques. Les données obtenues permettent notamment à la Régie de valider le plan d'approvisionnement de la société d'État.