(Regina) La plupart des personnes interrogées dans un nouveau sondage pancanadien disent que l’égalité, la diversité et l’inclusion au sein du gouvernement sont importantes, mais elles n’appuient pas les employeurs qui se basent sur ces critères dans leurs décisions d’embauche et de promotion.

Publié le 10 janvier
Mickey Djuric La Presse Canadienne

Le sondage du Centre canadien de recherche appliquée et sociale de l’Université de la Saskatchewan a été réalisé par téléphone entre le 1er et le 24 décembre. Les sondeurs ont questionné 1000 personnes au sujet de l’égalité, de la diversité et de l’inclusion dans les lieux de travail et au gouvernement.

La majorité des répondants ont déclaré qu’ils appuyaient la présence de divers groupes minoritaires au sein du gouvernement, notamment les femmes (89 %), les Autochtones (86 %), les personnes handicapées (83 %), les minorités visibles (81 %) et les membres de la communauté LGBTQ (68 %).

L’enquête demandait également si les employeurs ne devraient considérer que les qualifications des candidats ou s’ils devraient également tenir compte des caractéristiques démographiques lors de l’embauche.

Environ 60 % des personnes interrogées ont déclaré que les employeurs ne devraient considérer que le niveau de qualification d’un candidat, même si cela entraîne moins de diversité.

« C’est l’inverse de ce que les gens disaient dans la batterie de questions précédente, alors qu’ils affirmaient qu’il était important que ces groupes soient représentés », a dit le directeur de la recherche Jason Disano, joint à Saskatoon, à La Presse Canadienne.

Les gens aiment l’idée en théorie, mais quand il s’agit d’implications dans le monde réel ou de ramifications potentielles sur eux en tant qu’individu, c’est à ce moment-là qu’ils disent : « Attendez une minute, prenons peut-être du recul par rapport à cela. Je soutiens l’idée, mais je ne soutiens pas les actions spécifiques pour la réaliser ».

Jason Disano, directeur de la recherche au Centre canadien de recherche appliquée et sociale de l’Université de la Saskatchewan

Environ le quart des personnes interrogées, et la plupart de celles âgées de 35 à 54 ans, ont également déclaré avoir raté une occasion de carrière ou connaître quelqu’un à qui c’est arrivé en raison d’une décision d’accroître la diversité en milieu de travail.

« C’est surprenant, mais cela a également beaucoup de sens dans la perspective que les initiatives (d’équité, de diversité et d’inclusion) n’ont vraiment commencé à voir le jour qu’au cours des 10 à 20 dernières années », a déclaré M. Disano.

« Ceux qui ont 55 ans et plus sont installés dans leur carrière, et les personnes plus jeunes – en particulier en ces temps de COVID-19 – ont peut-être eu moins d’occasions d’être réellement potentiellement touchées par certaines de ces initiatives. »

M. Disano a déclaré que l’enquête indiquait également, dans l’ensemble, que les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de soutenir la diversité sur les lieux de travail.

L’importance du français

Les personnes interrogées ont également été questionnées sur l’importance pour les élus de parler français.

La plupart des répondants ont déclaré que les politiciens devraient parler couramment les deux langues officielles. Environ 83 % ont dit qu’il est important pour le premier ministre du pays de parler français, tandis que 65 % ont dit que c’est important pour les membres des gouvernements provinciaux et que 64 % jugent que c’est important pour les premiers ministres.

Les répondants du Québec ont été plus nombreux que les autres à déclarer que les élus devraient parler couramment les deux langues officielles.

M. Disano affirme qu’il est important de poser des questions sur la diversité, la représentation et la langue, car cela montre qu’il est nécessaire d’avoir une conversation plus large sur la diversité en milieu de travail dans les gouvernements, les lieux de travail et d’autres organisations.

« Le problème est vraiment de convaincre les gens de l’importance (de cet enjeu) et de leur expliquer comment ils font une différence globale », a dit M. Disano.

L’enquête était fiable à plus ou moins 3,1 %, avec un niveau de confiance de 95 %.