L’entreprise montréalaise Algolux annoncera ce mercredi un partenariat avec le constructeur automobile Mercedes-Benz pour un projet visant à influencer la course à l’introduction de véhicules autonomes sur le marché.

Publié le 21 juill. 2021
Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

Spécialisée dans les logiciels de vision par ordinateur, Algolux travaillera avec des partenaires au cours des trois prochaines années sur le développement d’une autonomie de niveau 4 pour les véhicules grand public.

Sur l’échelle d’autonomie, les voitures d’aujourd’hui sont de niveau 1 ou 2, selon les technologies du véhicule d’assistance à la conduite. Au niveau 3, la voiture serait responsable de certaines applications de conduite, alors qu’au niveau 4, elle serait responsable de la conduite, mais le conducteur devrait quand même se tenir prêt à prendre le volant au besoin. Au niveau 5, le conducteur aurait l’impression d’être installé dans son salon.

Le grand patron d’Algolux parle d’un consortium bâti en Europe dans lequel Algolux est le seul partenaire nord-américain.

C’est un projet dont le but ultime est d’arriver à établir le standard pour l’Union européenne, ce qui permettrait éventuellement de commercialiser des voitures essentiellement autonomes à un prix relativement abordable.

Allan Benchetrit, patron d’Algolux

Le projet sur 36 mois est d’un coût total estimé à 32 millions de dollars (21,6 millions d’euros), financé par des structures gouvernementales. Algolux touchera 3 millions de dollars (2 millions d’euros) pour sa contribution au projet.

« Ce projet nous donne encore plus de capital pour agrandir nos équipes ici à Montréal, mais aussi à Munich, en Allemagne », dit Allan Benchetrit.

L’objectif du partenariat est de construire un système de capteurs soutenu par une intelligence artificielle améliorant la vision du véhicule dans des conditions de faible visibilité afin d’ouvrir la voie à une conduite automatisée sécuritaire.

Algolux fournira les algorithmes d’intelligence artificielle et s’occupera de la fusion des données de certains capteurs.

Les véhicules automatisés ne peuvent être commercialisés que s’ils fonctionnent de manière fiable en tout temps, ce qui nécessite un système de conduite autonome capable de garantir la sécurité des déplacements dans toutes les conditions météorologiques et d’éclairage (neige, fortes pluies ou brouillard).

L’annonce du partenariat survient alors qu’Algolux a bouclé, la semaine dernière, un financement lui rapportant 23 millions de dollars auprès de plusieurs investisseurs, notamment d’Investissement Québec.

L’entreprise fondée en 2015 entend utiliser le financement pour accélérer l’adoption de ses produits sur les marchés de la mobilité, développer son effectif et étendre ses activités à d’autres marchés verticaux dépendant des applications de caméras.

Selon deux études de Yole Développement et Global Market Insights citées par Algolux, les expéditions mondiales de caméras automobiles devraient dépasser les 300 millions d’unités d’ici 2025, un marché évalué à 25 milliards de dollars.