L’Association des employeurs maritimes (AEM) modifiera les horaires de travail des débardeurs à compter de lundi prochain. Afin de maintenir la fluidité de la chaîne logistique, les employés devront se contenter d’horaires sans relais, soutient l’AEM.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

« Pour continuer à servir la population, l’AEM a évalué toutes les options disponibles et elle utilisera, dès le lundi 26 avril, les dispositions de la convention collective lui permettant de passer à des horaires sans relais (dits à quart) afin de maintenir la fluidité de la chaîne logistique. Cette option permettra de contrer, en partie, les effets néfastes de la grève des heures supplémentaires et des fins de semaine déclenchée par le syndicat », a indiqué l’Association des employeurs maritimes dans une publication Facebook jeudi.

La semaine dernière, les deux parties étaient à la table de négociation. Le 8 avril, le syndicat des débardeurs du port de Montréal a déposé une offre globale à l’employeur. Une semaine plus tard, l’Association des employeurs maritimes a fait une contre-offre devant les médiateurs. N’ayant pas eu de retour du syndicat à la suite de leur offre, l’association a agi en modifiant les horaires de travail des employés.

« Le Syndicat a insisté depuis le début de la semaine auprès des médiateurs pour que l’Employeur se rassoie à la table de négociation afin que nous puissions avoir réponse à nos questions. Les médiateurs nous ont demandé de mettre par écrit les questions syndicales avant de reconvoquer les parties », a indiqué le syndicat des débardeurs du port de Montréal dans un communiqué paru jeudi soir.

Alors que le syndicat s’apprêtait à soumettre les questions demandées par les médiateurs, il a pris connaissance que l’employeur entendait modifier les horaires de travail à compter du lundi 26 avril.

« C’est la deuxième fois en moins de deux semaines que l’Employeur, plutôt que de mettre ses énergies à la table de négociation en vue d’un règlement négocié, met une pression sur les débardeurs et cherche à provoquer ainsi une réaction du Syndicat », peut-on lire dans le communiqué du syndicat.

Le syndicat déplore que la contre-proposition ne soit pas acceptable, puisqu’elle est basée sur l’offre qui avait déjà été rejetée à 99,71 % par les débardeurs, lors d’un vote au scrutin secret en mars 2021. Il rappelle également qu’une telle modification des horaires avait été mise en place à l’automne 2018 et que cette mesure avait « provoqué une forte réaction du Syndicat et de ses membres ».

De son côté, l’association soutient que le port se congestionne et que la situation devient « de plus en plus critique ».