Au moment où le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, rappelle que le calendrier scolaire n’est pas fini et que François Legault demande la collaboration des parents, un sondage révèle que plus du quart des Québécois n’ont pas d’accommodements de la part de leur employeur pour concilier famille, travail ou études.

Isabelle Dubé Isabelle Dubé
La Presse

Le sondage réalisé par la Coalition pour la conciliation famille-travail-études visait à vérifier si les employeurs proposent des mesures qui facilitent la vie des familles québécoises pendant la crise de la COVID-19.

Si 63 % des répondants ont affirmé que leur gestionnaire ou leur établissement d’enseignement avait proposé des solutions aidantes, 26 % n’ont eu droit à aucune mesure.

Les 603 personnes qui ont répondu aux questionnaires en ligne entre le 14 et le 23 avril avaient 22 questions, dont une ouverte, et la possibilité d’ajouter des commentaires.

Ça nous a frappés de lire que des gestionnaires avaient dit à des répondants au sondage : “Si tu réduis ton temps de travail, tu vas être pénalisé financièrement ou tu vas perdre ton emploi”.

Sylvie Lévesque, porte-parole de la Coalition pour la conciliation famille-travail-études

Parmi les commentaires obtenus, un répondant témoigne avoir « l’impression d’être un mauvais parent et un mauvais employé », tandis qu’un autre constate qu’« il est extrêmement difficile d’accomplir une seule tâche jusqu’au bout, et ce, sans interruption ». Un couple de travailleurs essentiels explique de son côté : « Nous sommes pris en sandwich entre quatre enfants et six personnes âgées. »

Les répondants qui n’ont pas eu d’accommodements de la part de leur employeur ont dû réajuster leur conciliation à l’aide de mesures individuelles, explique Sylvie Lévesque, car certaines mesures collectives visant à faciliter la conciliation ne sont plus accessibles (CPE, haltes-garderies, services de garde en milieu scolaire, etc.).

Des propositions

Les participants au sondage dont l’employeur n’a proposé aucune mesure auraient souhaité une réduction du temps de travail sans pénalité (61,6 %), comme c’est le cas à Hydro-Québec, à la Sun Life et chez Desjardins, par exemple. La moitié auraient aussi aimé avoir une souplesse dans les horaires de travail et le rendement ainsi qu’une communication claire des rendements possibles et espérés.

« C’est sûr que la personne peut être moins performante quand elle a des doubles ou triples tâches, affirme Sylvie Lévesque. Mais ce n’est pas un choix. Ce n’est pas le choix des parents de rester à la maison avec les enfants et de leur faire l’école ou de s’occuper d’un proche. C’est une obligation à cause de la Santé publique. »

Du côté des répondants ayant bénéficié de mesures pour concilier le travail, la famille et les études, 78 % ont affirmé avoir eu de la souplesse sur le plan de l’horaire de travail, 63 % sur le rendement exigé, tandis que 46 % ont profité d’une réduction du temps de travail sans pénalité de salaire ou de bourse.

Des mesures individuelles de conciliation travail-famille-études ont aussi été mises en place par les employés et les étudiants. Selon les données du sondage, les changements les plus répandus sont les visioconférences avec collègues et proches (55 %), l’activité physique (53 %), la transparence avec l’employeur sur le rendement possible dans les circonstances (48 %) et une période de travail définie pour les parents (46 %).