Montréal a accueilli 11,1 millions de touristes en 2019, soit 241 000 personnes de plus que l’année précédente. Or, si le nombre de voyageurs français et mexicains est en hausse, les Chinois, eux, sont moins nombreux qu’en 2018 à avoir sillonné la ville, et ce, malgré tous les efforts déployés par la métropole depuis quelques années pour bien les accueillir.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

La crise qui secoue le Canada et la Chine, en raison de l’arrestation de Meng Wanzhou, haute dirigeante du géant des télécommunications Huawei, à la fin de 2018, pourrait bien être la cause de cette diminution.

« C’est peut-être un peu Huawei. Je ne mets pas d’énergie plus que ça sur la Chine à ce moment-ci », a affirmé Yves Lalumière, président-directeur général de Tourisme Montréal, au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse visant à faire le bilan de l’organisme pour l’année 2019.

L’année dernière, le nombre de visiteurs ayant traversé les frontières québécoises en provenance de l’empire du Milieu a diminué de 7 % par rapport à l’année précédente. En 2018, 46 005 Chinois sont arrivés directement dans la Belle Province, contre 43 754 l’an dernier, selon les données fournies par Tourisme Montréal.

Malgré tout, Yves Lalumière reste confiant.

Ces gens-là qui avaient des plans pour le Canada et pour Montréal, ils vont revenir aussitôt que la crise sera finie. Le tourisme, c’est une des industries les plus résilientes au monde.

Yves Lalumière

« Pour nous, [la Chine], ce n’est pas un gros marché encore », a-t-il ajouté. Pourtant, au cours des dernières années, l’organisme a mis beaucoup d’efforts pour attirer les voyageurs en provenance de ce pays d’Asie et pour faciliter leur accueil une fois qu’ils ont atterri à Montréal. En mai 2018, Tourisme Montréal lançait sa formation intitulée BONJOUR CHINE afin de permettre aux gens de l’industrie d’être mieux préparés à l’arrivée de cette clientèle, notamment en offrant des sites web en mandarin. « Ce programme, nouvellement offert par Tourisme Montréal, deviendra un gage de qualité afin de positionner Montréal comme première destination pour les visiteurs chinois », pouvait-on lire dans le communiqué publié le 9 mai 2018. L’organisme parlait alors d’un « marché en forte croissance ».

Le COVID-19

Et l’épidémie de COVID-19 qui sévit particulièrement dans ce pays risque également d’avoir un impact négatif sur l’industrie touristique montréalaise. Rappelons qu’à la fin de janvier, Pékin a annoncé la suspension des voyages organisés en dehors du pays afin de tenter d’enrayer l’épidémie.

À ce moment-là, le ministère du Tourisme du Québec s’était dit préoccupé par la situation, rappelant que la Chine était un marché important pour la province. Tourisme Montréal a, pour sa part, suspendu ses missions prévues en Chine.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Yves Lalumière, président-directeur général de Tourisme Montréal

Dans ce contexte, peut-on s’attendre à une grosse diminution du nombre de touristes chinois ?

« Ça va dépendre quand [ça sera] rétabli, souligne le grand patron de Tourisme Montréal. La Chine, ça se retourne assez facilement. Il y aura peut-être une légère baisse cet été », a-t-il finalement admis.

Tourisme Montréal concentre actuellement son énergie sur le Mexique, où des représentants se rendront la semaine prochaine, et sur la France.

Le nombre de visiteurs en provenance de l’Hexagone a augmenté de 10 % en 2019 par rapport à 2018, pour un total de 76 000 touristes. Les Mexicains ont également été nombreux à mettre les pieds dans la métropole. Tourisme Montréal évalue à 16 000 le nombre de visiteurs issus du troisième pays de l’Amérique du Nord. Une hausse de 22 %. À cela, se sont également ajoutés 1,6 million d’Américains.

Les dépenses touristiques totalisent 4,86 milliards, une augmentation de 5,2 %.

Nombre total de touristes à Montréal

2017 : 10,5 millions
2018 : 10,7 millions
2019 : 11,1 millions