Alors qu’une grande partie de la planète cherche à réduire sa consommation d’énergie, une autre partie aimerait bien pouvoir en faire autant, si elle y avait accès.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Pas loin de 1 milliard de personnes n’ont pas d’électricité, et un nombre encore plus élevé n’a pas accès à une forme d’énergie stable pour cuire les aliments, selon le plus récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie, auquel ont participé maintes autres organisations, dont la Banque mondiale.

L’importance de l’énergie dans le monde moderne n’est plus à démontrer. La santé, l’éducation et le développement social et économique sont étroitement associés à l’accès à des sources d’énergie fiables, peu coûteuses et, idéalement, peu polluantes.

On peut donc se désoler du constat de ce rapport. Mais il y a aussi des raisons d’être optimiste. Au cours des dernières années, des progrès importants ont été accomplis pour améliorer l’accès à l’énergie partout dans le monde.

À l’heure actuelle, 89 % de la population mondiale a accès à l’électricité, selon les données les plus récentes. Ce nombre a diminué sensiblement au cours des dernières années, grâce à la technologie, qui a réduit les coûts de production de l’électricité.

Avancées technologiques

La baisse du prix des panneaux solaires et les mini-réseaux décentralisés ont permis à des populations entières un accès à l’électricité qui se ferait encore attendre sans ces avancées technologiques.

En plus d’être de moins en moins coûteuse, la production d’électricité à l’aide de panneaux solaires a le mérite d’être moins polluante que les centrales au charbon, au gaz ou au mazout, qui ont longtemps été la seule solution envisagée pour donner accès à l’énergie aux populations privées de ressources hydroélectriques.

L’Inde, le Kenya et le Bangladesh sont les pays qui ont fait le plus de progrès au cours des dernières années pour permettre à leur population d’accéder à l’énergie grâce aux panneaux solaires.

Population mondiale sans accès à l’énergie
2010 : 1,2 milliard
2016 : 1 milliard
2018 : 840 millions

Il reste tout de même 840 millions de personnes privées d’énergie dans le monde. Et plus de 3 milliards de personnes doivent cuire leurs aliments sur des feux de bois et de bouses, au détriment de leur santé et de l’environnement.

Il s’agit surtout de populations des zones de l’Afrique subsaharienne, mais pas seulement. Le cas de la Corée du Nord, où l’absence d’électricité est visible de l’espace, est bien connu. Beaucoup d’autres pays ont accès à de l’énergie trop instable ou trop coûteuse pour en tirer des bénéfices sociaux et économiques.

L’un des objectifs des Nations unies est d’assurer l’accessibilité à l’énergie à tous les habitants de la terre, y compris à des moyens de cuisson moins nocifs, d’ici 2030.

Pour atteindre cet objectif, il faudrait des investissements énormes, de l’ordre de 40 milliards US par année, au cours des 10 prochaines années. C’est peu et beaucoup en même temps, selon le point de vue.