Un rapport sur des phénomènes aériens observés ces dernières années par des pilotes de la US Navy doit être déposé au Congrès américain à la fin du mois. Or, selon le New York Times, son contenu risque de faire perdurer le mystère…

Nicolas Bérubé
Nicolas Bérubé La Presse

« Aucune preuve »

Selon le New York Times, un rapport qui doit être remis au Sénat américain plus tard ce mois-ci ne contient aucune preuve que les quelque 120 phénomènes aériens observés par les pilotes de la marine au cours des dernières années sont des engins spatiaux extraterrestres. Cela dit, de nombreuses observations inhabituelles détaillées dans le rapport demeurent inexpliquées, a dit savoir le quotidien, citant des sources du renseignement. « Une explication possible – que les phénomènes pourraient être des ballons météorologiques ou d’autres ballons de recherche – ne tient pas la route dans tous les cas en raison des changements de vitesse du vent au moment de certaines des interactions », écrit le quotidien.

Davantage de données

PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE

Cette capture d’une vidéo de l’armée américaine montre un objet non identifié se déplaçant à très grande vitesse, enregistrée par des pilotes de chasse le 26 avril 2020. Le phénomène demeure inexpliqué.

L’absence de preuves dont fait état le quotidien new-yorkais ne veut pas dire grand-chose, note Hakeem Oluseyi, professeur associé de physique et d’astronomie à l’Université George Mason, qui note que c’est une demande d’accès à l’information de la part de sénateurs américains qui est à l’origine du rapport. « On ne cherche pas à trouver des petits bonshommes verts extraterrestres, on cherche à mettre la main sur davantage de données qui nous permettront de continuer les recherches pour tenter d’expliquer des phénomènes », dit-il en entrevue téléphonique. Sans croire aux théories du complot et à l’idée que le gouvernement soit une force secrète, M. Oluseyi note qu’il ne prend pas les déclarations du gouvernement à la lettre non plus. « Le gouvernement a souvent dit qu’il ne révélait pas toutes les technologies qu’il testait et qu’il utilisait. »

« Nous ne savons pas ce qu’ils sont »

PHOTO BRYNN ANDERSON, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Barack Obama

L’ancien président Barack Obama a donné du grain à moudre aux gens qui s’intéressent aux apparitions inexpliquées, le mois dernier, lorsqu’il a été interrogé sur la question sur le plateau de l’émission The Late Late Show with James Corden sur CBS. « Ce qui est vrai, et je suis vraiment sérieux ici, c’est qu’il existe des images et des enregistrements d’objets dans le ciel dont nous ne savons pas exactement ce qu’ils sont », a dit Obama. Certaines des images vidéo filmées par des pilotes de la marine montrent des objets se déplaçant à très haute vitesse, qui sont capables de changer de direction rapidement.

Passer outre la stigmatisation

PHOTO REUTERS

F-35 de l’armée de l’air américaine

M. Oluseyi note que le partage des données de la part du gouvernement fédéral américain permettrait aux scientifiques d’aller plus loin dans leurs recherches. « Ça aide aussi à passer outre la stigmatisation liée à ce sujet, et à éventuellement augmenter nos connaissances du monde qui nous entoure. Par exemple, pendant longtemps, des pilotes d’avion ont dit apercevoir des phénomènes lumineux étranges au-dessus des nuages. On sait aujourd’hui qu’ils avaient raison, et qu’il s’agit de phénomènes lumineux transitoires, qui peuvent ressembler à des éclairs qui montent vers l’espace. »

Le « train » Starlink

PHOTO REED HOFFMANN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Sur cette photo prise par longue exposition, on voit le « train » Starlink dans le ciel du Kansas, aux États-Unis, le 6 mai dernier.

Dernièrement, des citoyens ont pu observer une étrange ligne de lumière qui se déplaçait dans le ciel étoilé. La formation a même été visible dans le ciel montréalais le mois dernier. Elle n’a rien à voir avec les phénomènes observés par la marine. Il s’agissait en fait d’une série de dizaines de petits satellites mis en orbite par la société Starlink, qui appartient au milliardaire Elon Musk, et qui vise à fournir une couverture de l’internet à haut débit autour du monde. Les satellites sont 60 fois plus près de la Terre que des satellites traditionnels, ce qui les rend plus visibles la nuit. Baptisé le « train Starlink », le phénomène a donné lieu à de nombreuses plaintes au fil des ans. Starlink note que les nouveaux satellites qu’elle envoie dans l’espace font désormais l’objet de modifications techniques apportées afin de « réduire la luminosité des satellites ». À terme, plus de 1600 de ces satellites tourneront en orbite autour du globe, fournissant un accès rapide à l’internet dans des régions isolées.