2020, une année à oublier ? Pas entièrement. On a peut-être tendance à l’oublier, mais elle a aussi été porteuse de bonnes nouvelles. En voici un échantillon.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

Léa Carrier Léa Carrier
La Presse

Un deuxième patient guéri du VIH

PHOTO DENIS FARRELL, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Un patient atteint du VIH, ayant bénéficié d’une greffe de cellules souches, a été considéré guéri en mars 2020.

Un patient atteint du VIH, ayant bénéficié d’une greffe de cellules souches, a été considéré comme guéri en mars 2020. C’est le deuxième patient au monde à se remettre de cette maladie, près de 10 ans après le premier. Ce deuxième cas, connu comme « le patient de Londres », n’a manifesté aucun signe du virus depuis 30 mois, selon les résultats publiés dans la revue The Lancet HIV. Le patient a subi une greffe de moelle osseuse dans le cadre d’un traitement contre le cancer du sang et a reçu ainsi des cellules souches de donneurs porteurs d’une mutation génétique rare qui empêche le VIH de s’implanter. La procédure utilisée était toutefois très risquée, puisque le taux de mortalité pour une transplantation de cellules souches est de 10 %.

Québec remboursera un cycle de fécondation in vitro

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Une somme de 45 millions sera réservée par le gouvernement de Québec chaque année pour payer le programme de fécondation in vitro.

C’était attendu depuis longtemps par les couples qui ont du mal à concevoir. En novembre, la gratuité pour un cycle de fécondation in vitro a été rétablie par le gouvernement Legault, qui en avait fait la promesse lors de sa campagne électorale. Une somme de 45 millions sera réservée chaque année pour payer le programme. Le gouvernement estime qu’il remboursera quelque 3500 cycles par année. En 2010, le gouvernement Charest avait mis en place la gratuité du programme de procréation assistée, que l’ex-ministre libéral Gaétan Barrette avait interrompu, alléguant trop de dérives et de dépassements de coûts. Pendant la pandémie, les cliniques de procréation assistée ont dit avoir été particulièrement occupées.

La polio sauvage a officiellement été éradiquée du continent africain

PHOTO SUNDAY ALAMBA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

La polio sauvage a officiellement été éradiquée du continent africain

Au mois d’août dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a certifié le continent africain « exempt de poliovirus sauvage », quatre ans après l’apparition des derniers cas. L’OMS dénombrait 350 000 cas à travers le monde en 1988 et plus de 70 000 cas en Afrique en 1996. Le poliovirus sauvage peut engendrer la poliomyélite, une maladie infectieuse aiguë et contagieuse qui touche principalement les enfants, qui attaque la moelle épinière et peut provoquer une paralysie irréversible. « Grâce aux efforts déployés par les gouvernements, le personnel soignant et les communautés, plus de 1,8 million d’enfants ont été sauvés » de cette maladie, s’est réjouie l’OMS.

Les femmes sont plus présentes dans les gouvernements

PHOTO LEAH MILLIS, ARCHIVES REUTERS

La vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris

La proportion des femmes élues a plus que doublé à l’échelle mondiale, atteignant 25 % des sièges parlementaires en 2020, selon l’Organisation des Nations unies. Son rapport Femmes du monde, publié en octobre, fait état de progrès majeurs dans la réalisation de la parité hommes-femmes en politique, principalement en raison de l’adoption de quotas de genre dans les pays d’Amérique latine et des Caraïbes. Vingt pays comptent aujourd’hui une femme à la tête de leur gouvernement, contre douze en 1995. En ce qui concerne la proportion de femmes dans les cabinets ministériels, elle a quadruplé au cours des 25 dernières années. En 2020, un ministre sur cinq est une femme. La plus haute proportion de femmes en politique demeure au niveau de la gouvernance locale. Dans le monde, elles occupent 36 % des sièges élus dans les organes locaux.

Une étape a été franchie pour permettre aux autochtones de savoir ce qu’il est advenu de leurs enfants disparus dans les années 1970

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Une étape a été franchie pour permettre aux autochtones de savoir ce qu’il est advenu de leurs enfants disparus dans les années 1970.

Alors que 2020 a été marquée par la mort tragique de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette, les autochtones ont tout de même eu au moins une raison de se réjouir cette année. Après des années d’attente, ils ont obtenu le dépôt du projet de loi permettant à des familles atikamekw et innues de savoir ce qu’il est advenu de leurs enfants disparus dans les années 1970. C’est là une page particulièrement sombre et méconnue de l’histoire du Québec. Dans les années 1970, des enfants ont été transférés à l’extérieur de leur communauté pour recevoir des soins, sans jamais revenir et sans qu’on ne donne de réponses à leurs parents. Au moins 24 disparitions d’enfants ont été rapportées lors des travaux de la commission d’enquête à ce sujet. Le projet de loi donne maintenant au ministre des Affaires autochtones le pouvoir de faire enquête auprès d’un établissement lorsqu’il y a lieu de croire qu’on refuse de communiquer des documents existants. Des membres de la famille élargie pourront aussi présenter une demande pour tout enfant mort ou disparu avant le 31 décembre 1989 et recevoir l’assistance du gouvernement.

Les partis s’unissent pour mieux accompagner les victimes d’agressions sexuelles au Québec

PHOTO ERIC THOMAS, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Les manifestants étaient nombreux devant le Palais de justice de Montréal lors du procès de Gilbert Rozon, à la mi-novembre.

Le jour même de l’acquittement de Gilbert Rozon est paru à Québec un rapport fait de 190 recommandations d’un comité d’experts visant à améliorer l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale. Parmi les recommandations se trouvent un meilleur accompagnement des victimes et la mise en place d’un tribunal spécialisé en matière d’agressions sexuelles et de violence conjugale au sein même de la Cour du Québec. Cette nouvelle prometteuse en cache une autre : des députées de tous les partis de l’Assemblée nationale (Isabelle Charest, Véronique Hivon, Isabelle Melançon et Christine Labrie) ont exceptionnellement travaillé ensemble, allant au-delà de leurs allégeances politiques.

Le pape François en faveur de l’union civile pour les homosexuels

PHOTO GREGORIO BORGIA, ARCHIVES ASSSOCIATED PRESS

Le pape François

Malgré les positions ambiguës de l’Église sur l’homosexualité, le pape François s’est dit en accord pour la première fois avec l’union civile pour les homosexuels. « Les personnes homosexuelles ont le droit d’être en famille. Ce sont des enfants de Dieu, elles ont le droit à une famille », a-t-il déclaré. Dans un documentaire présenté le 21 octobre à la Fête du cinéma de Rome, un homosexuel catholique et père de trois enfants a demandé au pape s’il pouvait fréquenter l’église. Le pape lui a conseillé d’être transparent sur son choix de vie dans sa paroisse et d’y amener ses enfants. Il a affirmé à de nombreuses reprises que les homosexuels doivent être accueillis avec respect dans les paroisses catholiques et a conseillé aux parents de ne pas rejeter leurs enfants homosexuels.

L’Écosse a été le premier pays à rendre les produits d’hygiène féminine gratuits

PHOTO ANDY BUCHANAN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Les produits d’hygiène féminine sont gratuits pour celles qui en ont besoin en Écosse.

À la fin du mois de novembre dernier, les membres du Parlement écossais ont adopté à l’unanimité une loi qui rendra gratuits les produits d’hygiène féminine à celles qui en ont besoin. L’Écosse est le premier pays du monde à prendre cette décision. Les autorités locales sont désormais dans l’obligation de veiller à ce que des produits d’hygiène féminine soient offerts à quiconque en a besoin. Selon une enquête menée par Young Scot auprès de plus de 2000 personnes, environ une étudiante écossaise sur quatre a du mal à obtenir des produits hygiéniques.

« Le faucheur de la mort », un dinosaure cousin du T-Rex, découvert au Canada

PHOTO JULIUS CSOTONYI, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Le Thanatotheristes degrootorum

Une nouvelle espèce de tyrannosaure, le Thanatotheristes degrootorum, a été découverte au Canada, selon une étude publiée en juin 2020 dans la revue scientifique Elsevier. C’est la première fois depuis 50 ans qu’une nouvelle espèce est découverte au pays. Ce tyrannosaure, surnommé le « faucheur de la mort », peuplait l’Amérique il y a 80 millions d’années, soit bien avant son lointain cousin le T-Rex qui est apparu environ 13 millions d’années plus tard. Ce carnivore, qui pourrait également être le plus ancien membre de la famille des tyrannosaures, pouvait mesurer jusqu’à huit mètres de long, avait un museau long et profond, et était beaucoup plus rare que ses confrères herbivores.