(Québec) La Coalition avenir Québec (CAQ) prend un premier engagement électoral en santé pour rendre le paquebot du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) plus agile. La formation politique propose de créer une toute nouvelle entité concentrée sur les opérations.

Mis à jour le 17 août
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

C’est un deuxième engagement électoral de la CAQ après un premier sur le logement social, alors que la campagne n’est pas encore officiellement lancée au Québec. Un gouvernement caquiste procéderait à la création de l’agence « Santé Québec » qui viendrait superviser tout le volet opérationnel du MSSS. Le volet des orientations serait exclu de cette nouvelle entité.

Le MSSS serait ainsi scindé en deux pour alléger l’imposante structure, dont les failles ont été révélées pendant la pandémie. L’agence « Santé Québec » aurait le mandat de coordonner les opérations du réseau de la santé et viendrait ainsi « séparer » les rôles entre les orientations et les opérations.

« Ce n’est pas un rebrassage des structures sur le terrain qui va venir tout changer », s’est défendu mercredi le ministre de la Santé, Christian Dubé. « En fait, c’est même le contraire. On va faire en sorte qu’il y ait moins de bureaucratie, moins d’interventions du Ministère et plus de décisions qui sont prises par des gestionnaires sur le terrain et avec les travailleurs de la santé », a poursuivi le ministre.

Les CIUSSS et CISSS nés de la controversée réforme Barrette demeurent d’ailleurs en place. La différence résiderait surtout dans le fait que les 34 PDG des établissements relèveraient désormais du grand patron de cette nouvelle agence, et non de la sous-ministre à la Santé, Dominique Savoie, qui, elle, superviserait seulement le volet des orientations du MSSS.

Cette promesse est d’ailleurs en ligne droite avec les recommandations de Mme Savoie dans son rapport intitulé Une gouvernance renouvelée du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS), dévoilé en juin. Le ministre Christian Dubé lui avait confié le mandat de poser un diagnostic sur l’organisation et la gouvernance du système pour assurer la réussite de son Plan santé.

Dans son rapport, Mme Savoie écrivait qu’il faut « recentrer la mission du MSSS sur la définition des objectifs et des orientations stratégiques, l’évaluation de la performance et le suivi des résultats ». Le Ministère doit s’éloigner des opérations pour se concentrer sur son rôle de gestionnaire, selon elle. Mme Savoie recommandait de « créer une instance formelle de coordination et de supervision ».

Au moment du dépôt du rapport, Christian Dubé s’était gardé de commenter la recommandation de créer une nouvelle structure en santé, affirmant « que c’était beaucoup plus à [sa] formation politique » d’y revenir, télégraphiant ses intentions d’en faire un engagement électoral. M. Dubé estime que cette nouvelle structure est « un outil » pour « réussir » son fameux Plan santé, qui vise à redresser le réseau de la santé.

Un organigramme qui « n’a pas de bon sens »

« En ce moment, le ministère de la Santé s’occupe un petit peu de tout. Autant les grandes orientations, la planification, mais souvent, il est impliqué dans les opérations. On gère directement 34 PDG de CISSS et de CIUSSS, et la sous-ministre gère en plus 15 sous-ministres adjoints. […] Je résumerais : ça n’a pas de bon sens. Il faut recentrer le ministère sur son rôle premier », a soutenu M. Dubé mercredi.

L’organigramme du MSSS serait revu. Les sous-ministres responsables de secteur opérationnel seront transférés dans la nouvelle structure. Le nombre de sous-ministres sera revu à la baisse, a confirmé M. Dubé, sans en préciser le nombre. Un PDG sera également nommé par le futur gouvernement à la tête de l’agence « Santé Québec » ainsi qu’un conseil d’administration.

Selon le ministre, mis à part « un nombre très limité » d’embauches, la création de la nouvelle structure se ferait à « coût neutre ». La CAQ s’est engagée mercredi à déposer un projet de loi dès la reprise des travaux parlementaires, après les élections, pour permettre la création de la nouvelle entité. Dans la loi actuelle, les PDG des établissements relèvent de la sous-ministre, alors que ce ne serait plus le cas.