(Ottawa) Le gouvernement fédéral triplera le montant de l’indemnité offerte aux infirmières de Services aux Autochtones Canada qui travaillent dans des zones éloignées et isolées, dans le but d’augmenter le recrutement ainsi que la rétention de celles-ci dans 50 communautés au Canada, dont celle de Lac-Rapide, en Outaouais.

Mis à jour le 16 août
Émilie Bergeron La Presse Canadienne

« Plus on s’éloigne d’un grand centre où il y a des cliniques et des hôpitaux permanents, plus il est difficile d’attirer des gens pour qu’ils travaillent, restent et pratiquent dans ces communautés », a souligné mardi la ministre des Services aux Autochtones, Patty Hajdu, au cours d’un point de presse virtuel.

La bonification annoncée, qui découle d’une entente survenue entre Ottawa et l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), prévoit de faire passer de 2250 $ à 6750 $ l’indemnité de recrutement. Ensuite, chaque infirmière qui est demeurée en poste 12 mois recevra 9750 $ et 16 500 $ pour chaque année supplémentaire de service.

Au Québec, ces primes s’appliqueront dans la communauté de Lac-Rapide, en Outaouais. Présentement, trois infirmières y sont en poste, a indiqué Leila Gillis, administratrice en chef ajointe des soins infirmiers à Services aux Autochtones Canada.

« Nous recrutons constamment en partenariat avec notre bureau opérationnel du Québec pour ce qui est d’identifier leurs besoins et de fournir les infirmières nécessaires », a-t-elle dit.

La mesure incitative concerne aussi 24 communautés en Ontario, 21 au Manitoba et quatre en Alberta. Mme Gillis a précisé qu’elle estime que le ministère des Services aux Autochtones a besoin de 150 infirmières supplémentaires pour pallier les « besoins immédiats » dans les 50 communautés isolées où Ottawa déploie des effectifs.

La présidente de l’IPFPC, Jennifer Carr, a soutenu qu’il est important de se pencher sur les raisons ayant poussé de nombreuses infirmières à quitter la profession.

« Il y a 15 000 infirmières détenant un permis de pratique (en Ontario) qui ne pratiquent pas et on doit s’y attarder parce qu’il y a des gens qui ont quitté le métier parce qu’ils se sentaient épuisés, stressés (ou parce qu’ils) ne se sentaient pas aimés par leur employeur, a-t-elle affirmé. Nous devons vraiment examiner ces causes à la source. »

La bonification des indemnités doit entrer en vigueur au début septembre. Elle viendra à échéance à la fin mars 2025 ou au moment où un accord sur une nouvelle convention collective sera conclu.