Trois personnes ont contracté la légionellose à Anjou et Mercier-Est ces derniers jours, et l’une d’entre elles est décédée vient d’annoncer la direction régionale de la santé publique de Montréal. Les trois cas ont été confirmés entre le 29 juillet et le 8 août.

Mis à jour le 10 août
Ariane Lacoursière
Ariane Lacoursière La Presse
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

La victime est un homme décédé des complications de la maladie. Malgré ce décès, la santé publique estime qu’il n’y a « pas lieu de s’inquiéter pour la population de l’est de Montréal hormis de demeurer vigilant à l’apparition de symptômes qui s’apparentent à ceux d’une pneumonie ou même de la COVID-19, comme une forte fièvre, des frissons, une toux, de la fatigue, des douleurs musculaires ou une perte d’appétit ».

La zone où sont survenus les trois cas se situe à l’est de l’autoroute 25, au sud de l’autoroute 40, à l’ouest de l’avenue George V et au nord du fleuve.

« Une enquête est en cours afin d’identifier si les trois cas ont été exposés à une même source d’exposition. Celle-ci cible particulièrement les tours de refroidissement à l’eau du périmètre », indique la santé publique dans un communiqué.

Appelé à réagir, le directeur national de santé publique, le DLuc Boileau, a indiqué mercredi être « au courant de la situation ». « Nous sommes bien sûr affairés à y donner toute l’attention nécessaire. La Santé publique régionale est sur le dossier, avec les expertises nationales requises en pareilles circonstances. On est préoccupés et on souhaite que les gens en soient conscients, mais il n’y a pas de signal d’inquiétude à transmettre », a fait valoir M. Boileau.

« Tout le sérieux y est porté, mais ce n’est pas une maladie transmissible », a-t-il encore insisté, en se voulant rassurant.

L’an dernier 52 cas de légionellose avaient été déclarés à Montréal. Depuis le début de l’année, 27 cas ont été enregistrés dans la métropole. La légionellose, qui survient durant toute l’année, est plus fréquente en été et à l’automne.

Transmission

La santé publique mentionne que la bactérie responsable de la légionellose « se retrouve un peu partout dans l’environnement, principalement dans les eaux douces (ex. lac, rivière), mais parfois en quantités importantes dans des sources d’eaux artificielles (ex. tours de refroidissement à l’eau, chauffe-eau, aérateur de robinet) ».

La légionellose peut s’attraper par l’eau ou par de fines gouttelettes d’eau contaminée, notamment si un chauffe-eau n’est pas réglé à une température assez élevée. Les micro-organismes se multiplient en eau chaude entre 32 et 45 °C. Le gouvernement du Québec recommande donc à la population de maintenir son chauffe-eau à une température de 60 °C et plus.

Une personne peut également être infectée par l’air provenant d’une tour de refroidissement à l’eau, d’un spa, d’une douche ou par aspiration d’eau contaminée. La maladie ne se transmet pas de personne à personne.

Les symptômes apparaissent de 2 à 10 jours après la contamination. Dans la plupart des cas l’infection prend de 2 à 5 jours pour guérir. La maladie a un taux de létalité entre 10 et 15 %. Les personnes âgées, les personnes immunosupprimées, les personnes qui fument et celles ayant des maladies chroniques sont particulièrement vulnérables à l’infection.

Réglementations

En 2012, 183 personnes ont été infectées par la bactérie en raison de la contamination de deux tours de refroidissement d’un édifice à Québec. Au total, 13 personnes ont perdu la vie. Depuis cet évènement, le Québec a adopté des règlements stricts pour éviter la prolifération de la bactérie.

Les propriétaires d’une tour de refroidissement doivent donc l’enregistrer auprès de la Régie du bâtiment une fois par année. Pour assurer une opération sécuritaire, ils doivent également se doter de programmes d’entretien.

Avec Henri Ouellette-Vézina, La Presse