Une nouvelle plateforme de télédermatologie sera accessible partout au Québec dès cet été et permettra de régler en 7 à 14 jours les problèmes des 80 000 personnes qui attendent de recevoir des services de dermatologie au Québec.

Publié le 20 juin
Ariane Lacoursière
Ariane Lacoursière La Presse

L’outil sera accessible aux médecins de famille, qui pourront demander une téléconsultation à un dermatologue en envoyant des photos des problèmes dermatologiques de leurs patients. On ne parle pas pour l’instant de permettre à des patients d’envoyer directement des photos à des dermatologues, quoique cette option pourrait un jour être étudiée, a expliqué la présidente de l’Association des médecins spécialistes dermatologues du Québec (AMSDQ), la Dre Dominique Hanna.

Le projet de plateforme de télédermatologie est en préparation depuis plus de 10 ans. « Il s’agit de l’outil le plus puissant pour améliorer l’accès en dermatologie », estime la Dre Hanna. La dermatologie est la spécialité médicale qui reçoit le plus grand nombre de consultations au Québec.

Des 700 000 consultations en attente pour toutes les spécialités médicales au Québec, 80 000 sont en dermatologie. Ce nombre est possiblement moins élevé en réalité, puisque des doublons existent, note le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé. Et ces patients ne sont pas des cas urgents. La télémédecine permettra de diminuer considérablement cette liste d’attente, selon M. Dubé.

Entre 50 % et 75 % des patients en dermatologie peuvent être traités en télémédecine, selon la Dre Hanna. « C’est une spécialité de l’image. Basée sur l’analyse visuelle de la maladie. Elle se prête bien à la télémédecine », dit-elle.

Déjà débuté

Le projet de télédermatologie a déjà débuté dans six régions du Québec depuis quelques semaines. « Les équipes sont maintenant prêtes à accueillir tous les omnipraticiens et tous les dermatologues », affirme la Dre Hanna. Le projet permettra « d’améliorer l’expérience patient », selon M. Dubé, qui indique que le logiciel qui permet cette avancée coûte 10 millions et est financé par l’Institut de la pertinence des actes médicaux (IPAM).

Après s’être développée très lentement pendant des années au Québec, la télémédecine a connu une croissance exponentielle durant la pandémie. Au point où le Collège des médecins du Québec a dû ramener à l’ordre certains médecins, qui abusaient des téléconsultations, en 2021.

Président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le DVincent Oliva estime que « la médecine va toujours se passer en personne, mais la télémédecine nous permet de compléter ». Pour lui, la plateforme de télédermatologie « va nous permettre de faciliter l’accès à une médecine spécialisée ». Et permettra aussi un transfert de connaissances des dermatologues vers les médecins de famille.

Le DOliva croit d’ailleurs que la télédermatologie est « le début d’un temps nouveau » et que d’autres initiatives du genre pourront voir le jour, notamment en psychiatrie et en neurologie.