(Québec) Cinq mois après avoir remis sa démission, le DHoracio Arruda estime qu’il prendrait « les mêmes décisions » s’il pouvait refaire le passé. L’ex-directeur national de santé publique soutient par ailleurs qu’il n’a « pas eu de pression » pour quitter ses fonctions en pleine pandémie.

Publié le 9 juin
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Le DHoracio Arruda a fait jeudi une première apparition publique depuis sa démission, le 10 janvier dernier. Celui qui occupe toujours la fonction de sous-ministre adjoint au ministère de la Santé et des Services sociaux prend sous son aile le volet prévention de la Santé publique.

Sans grande surprise, cette figure marquante de la gestion de la pandémie au Québec a eu à répondre à plusieurs questions sur les circonstances entourant son départ, au sortir du tsunami Omicron. À l’époque, le gouvernement Legault prêtait flanc à la critique pour avoir imposé un couvre-feu à la dernière minute et annulé les rassemblements du temps des Fêtes.

« Je regardais ce qui se passait particulièrement dans les commentaires médias et les réseaux sociaux », admet le principal intéressé. « J’ai toujours dit : le bon porte-parole au bon moment, à la bonne place et dans le bon temps […] ce que j’ai fait c’est que j’ai offert au gouvernement [de décider] en fonction de son analyse, s’il considérait qu’il était temps de faire un changement », a-t-il expliqué.

Je n’ai pas eu de pression, je n’ai pas eu à déchirer ma chemise. Je savais que j’allais continuer en santé publique.

Le DHoracio Arruda

Le DArruda a confié qu’il avait continué de suivre « façon intense » les points de presse sur l’évolution de la pandémie tenus par son successeur par intérim, le DLuc Boileau. « Un moment donné la vie fait qu’on doit changer de fonctions, il n’y a rien qui n’arrive pour rien, j’ai aimé faire ce que j’ai fait, je souhaite à mon successeur d’aimer ce qu’il fait […], mais je vais laisser le DBoileau s’occuper des microbes », a-t-il lancé.

« Les mêmes solutions »

Avec le recul, le DArruda ne croit pas qu’il aura fait les choses autrement. « Cette question-là va toujours revenir, et je le sais, mais je pense […] qu’il faut que je me replace dans le contexte et probablement que dans le même contexte on arriverait quand même aux mêmes solutions », a-t-il déclaré en marge de l’annonce sur le lancement du Plan d’action interministériel de la Politique gouvernementale de prévention en santé.

À ce jour, ce qu’il a trouvé le plus difficile aux commandes de cette crise historique de santé publique a été de prendre des décisions sans pouvoir s’appuyer « sur des données probantes » au tout début de la pandémie. « Gérer quelque chose sans être appuyé par des expériences antérieures, c’est probablement l’élément qui a été le plus difficile », a-t-il ajouté aux côtés du ministre de la Santé, Christian Dubé.

Ce dernier a d’ailleurs eu de bons mots pour le DArruda soutenant qu’il n’avait pas eu « un mandat facile ».

Le DArruda agira maintenant comme « ambassadeur de la prévention » alors qu’il effectuera une tournée des directions régionales de santé publique et du milieu communautaire, notamment pour s’assurer de la mise en œuvre du Plan d’action 2022-2025. Le plan s’accompagne d’investissements de 120 millions, soit 40 millions par année, jusqu’en 2024-2025.