Les deux premiers cas de variole simienne, aussi appelée variole du singe, ont été détectés au Québec alors qu’une vingtaine d’autres font maintenant l’objet d’une enquête.

Mis à jour le 19 mai
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse
Vincent Larin
Vincent Larin La Presse

C’est ce qu’a annoncé le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), jeudi soir, quelques heures après que la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal a confirmé enquêter sur 17 cas suspects de variole simienne dans le Grand Montréal. De ce nombre, 15 avaient été détectés dans la métropole, un dans la couronne sud et un autre dans la couronne nord. Le MSSS n’a pas précisé d’où provenaient les trois nouveaux cas suspects.

« Les enquêtes épidémiologiques se poursuivent pour déterminer les liens entre les cas déclarés et identifier des contacts potentiellement à risque et les informer des mesures de protection », a-t-on toutefois précisé.

Les personnes infectées, principalement des hommes de 30 à 55 ans, présentent des ulcérations génitales et orales, ainsi que des ganglions douloureux. « La plupart des cas ne sont pas sévères », a déclaré la Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal, en conférence de presse jeudi matin.

Les deux cas confirmés au Québec sont les premiers au pays, a annoncé plus tard l’Agence de la santé publique du Canada, qui a procédé à l’analyse des échantillons au Laboratoire national de microbiologie.

Appel à la vigilance

L’ensemble des hommes infectés font partie de la communauté HARSAH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). « Ce n’est pas une maladie transmise sexuellement. Ça aurait pu arriver avec une personne qui a eu une relation sexuelle hétérosexuelle », a précisé la Dre Drouin.

« Toutefois, maintenant que des cas ont été identifiés ici, le Québec est en mesure d’agir rapidement pour surveiller et contrôler l’évolution de la situation », a affirmé le MSSS, jeudi soir. Des appels à la vigilance ont notamment été envoyés aux professionnels de la santé dans le cas où ils auraient des patients présentant des symptômes pouvant s’apparenter à ceux de la variole simienne.

Ces cas possibles devront dorénavant être déclarés à leur direction régionale de santé publique.

La transmission de cette maladie d’un humain à un autre peut se faire par contact avec des fluides corporels, des lésions sur la peau ou sur les surfaces muqueuses internes et des gouttelettes respiratoires. Sa contagiosité est donc considérée comme limitée par rapport à celle d’autres virus comme la grippe ou la COVID-19. Les autorités étudient la possibilité que certaines infections aient été transmises par contact étroit lors de rapports sexuels.

Divers symptômes

Les premiers cas ont été déclarés par des cliniques spécialisées dans les ITSS le 12 mai dernier. « C’est une maladie très rare, donc à ce moment-là, on pensait que c’était davantage des chancres mous, liés à une bactérie », indique la Dre Drouin.

C’est cinq jours plus tard, lorsque la DRSP a été notifiée par l’Agence de la santé publique du Canada d’un cas soupçonné de variole simienne aux États-Unis qui avait visité Montréal, que les spécialistes ont changé leur trajectoire d’enquête.

Les symptômes les plus fréquents de cette infection sont la fièvre, les maux de tête, les douleurs musculaires, les maux de dos, les ganglions lymphatiques enflés, des frissons et de la fatigue. Des éruptions cutanées peuvent également survenir, souvent sur le visage, et se répandre à d’autres parties du corps, dont les parties génitales. La variole simienne peut parfois être confondue avec une infection transmise sexuellement.

Aucun traitement

Il n’existe pas de traitement contre la variole simienne, mais l’infection virale se guérit d’elle-même. Les symptômes disparaissent généralement spontanément dans les 14 à 21 jours. Le vaccin contre la variole, administré aux Canadiens jusqu’en 1971, a un taux d’efficacité supérieur à 85 % contre le virus de la variole simienne, selon les données du gouvernement du Canada.

La variole simienne est généralement limitée à l’Afrique, et les rares cas observés ailleurs dans le monde sont le plus souvent liés à des voyages dans cette région. Toutefois, depuis le début du mois de mai, neuf cas ont été recensés au Royaume-Uni. L’Espagne et le Portugal ont également annoncé mercredi avoir enregistré plus d’une quarantaine de cas possibles ou confirmés.

Jeudi, l’Italie et la Suède ont, à leur tour, annoncé leur premier cas confirmé de variole simienne.

Avec l’Agence France-Presse et l’Associated Press

En savoir plus

  • De 1 à 10 %
    Taux de mortalité de la variole simienne en Afrique
    Source : Gouvernement du Canada
    1970
    Premier cas humain de variole simienne dans le monde chez un enfant de 9 mois de la République démocratique du Congo
    Source : Gouvernement du Canada