Pour la deuxième année consécutive, près d’une centaine de postes en médecine familiale sont toujours non pourvus au Québec au terme du premier tour de jumelage du CaRMS, l’organisme pancanadien chargé de confier aux finissants en médecine une spécialité pour leur résidence. Une « très mauvaise nouvelle » pour la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), qui estime qu’il manque 1100 médecins de famille dans la province.

« C’est encore catastrophique cette année », déplore le président de la FMOQ, le DMarc-André Amyot.

Après un tour de jumelage, 311 postes sont toujours vacants dans les différentes spécialités médicales dans le pays. De ce nombre, 98 sont en médecine de famille uniquement au Québec et 126 en médecine familiale dans le reste du pays. Seulement 10 postes sont vacants au Québec dans l’ensemble des autres spécialités.

Autres postes vacants après un tour au Québec :

  • Anatomopathologie, Université de Sherbrooke : 1
  • Médecine interne, Université de Montréal : 7
  • Médecine nucléaire, Université de Sherbrooke : 1
  • Radio-oncologie, Université McGill : 1

L’an dernier, 90 postes en médecine de famille étaient restés vacants au Québec après le premier tour, et 75 l’étaient toujours après deux tours. Selon le DAmyot, ces données montrent la perte de popularité de la médecine de famille. « On récolte le fruit de ce qu’on a semé depuis sept ans. Il y a dévalorisation de la profession. Et on essaye de faire reposer sur les épaules des médecins de famille tous les maux du réseau et du manque d’accès », dit-il.

Plus de postes en médecine de famille

Cette année, 511 postes de médecine familiale étaient ouverts aux finissants en médecine au Québec. L’an dernier, il y en avait 507. Le nombre de postes en médecine de famille a augmenté graduellement ces dernières années au Québec par rapport aux autres spécialités, comme la cardiologie, la radio-oncologie, l’ophtalmologie et autres. En 2011, seulement 397 postes de résidence en médecine familiale avaient été affichés dans la province.

Malgré tout, les nombreux postes toujours vacants après un tour cette année inquiètent le DAmyot. Car selon lui, « les sociétés qui ont les meilleurs réseaux de santé reposent sur une première ligne qui est forte », et le Québec « a une pente à remonter » à ce sujet.

Malheureusement, on est encore les grands champions des postes non pourvus au pays.

Le DMarc-André Amyot, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec

Selon des données du ministère de la Santé, il y a actuellement 10 900 médecins spécialistes au Québec et 9770 omnipraticiens. Dans les autres provinces canadiennes, cette proportion est inversée, note le DAmyot.

Lors de la présentation de son plan de refondation du système de santé, la semaine dernière, Québec a dit vouloir améliorer l’accès aux soins de première ligne au Québec, notamment en misant sur l’interdisciplinarité.

En savoir plus

  • 945 000
    Nombre de patients inscrits au Guichet d’accès à un médecin de famille au Québec
    SOURCE : MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX