(Québec) Le gouvernement Legault donnera le feu vert au déploiement d’une formation accélérée pour recruter des infirmières auxiliaires et pourvoir les quelque 3000 postes d’agents administratifs qui doivent venir appuyer les infirmières dans le réseau de la santé. Les détails seront dévoilés mercredi.

Publié le 30 nov. 2021
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, et le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, annonceront mercredi le lancement de deux nouvelles formations accélérées pour agir contre la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau de la santé et des services sociaux, selon les informations obtenues par La Presse. L’une visera les infirmières auxiliaires et l’autre, les agents administratifs en soutien aux secteurs cliniques.

Cette annonce n’est pas étrangère à « l’Opération main-d’œuvre » que le premier ministre François Legault a présentée mardi. Le plan du gouvernement pour s’attaquer à la pénurie dans six secteurs, dont la santé et les services sociaux, s’accompagne d’un investissement de 3,9 milliards sur cinq ans.

En septembre, M. Legault avait affirmé que son gouvernement planchait sur l’élaboration d’une formation accélérée pour former davantage d’infirmières auxiliaires. L’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) s’était alors dit « ouvert » à la discussion avec le gouvernement.

L’OIIAQ avait cependant prévenu qu’il est « impensable » de réduire le contenu du programme d’études, contrairement à ce qui a été fait lors de la mise en œuvre de la formation accélérée pour former des préposés aux bénéficiaires pendant la première vague de la pandémie de la COVID-19.

Contrairement aux préposés aux bénéficiaires, la pratique des infirmières auxiliaires est encadrée par un ordre professionnel. Le programme Santé, assistance et soins infirmiers, qui mène à un diplôme d’études professionnelles (DEP), est aussi beaucoup plus costaud avec 1800 heures de formation, souvent sur deux ans.

Parmi les pistes de solution, l’OIIAQ avait suggéré la possibilité de limiter les périodes de vacances ou d’offrir les cours durant l’été pour effectuer la formation plus rapidement. Quelque 1100 candidates à la profession réussissent l’examen chaque année après avoir terminé le DEP. Il manque au moins un millier d’infirmières auxiliaires à temps complet dans le réseau, selon le ministère.

Embauche d’agents administratifs

Lors du démarrage de son programme d’embauche et de rétention, qui s’accompagne de prime de 15 000 $ par infirmière à temps complet, le ministre Dubé avait annoncé la création de quelque 3000 postes d’agents administratifs. On visait à ce qu’ils soient sur le terrain au printemps 2022.

Leur embauche vise à alléger le travail des infirmières qui disent perdre un temps précieux à « remplir de la paperasse ». Le ministre Dubé veut mettre en place un « nouveau modèle de gestion » dans le réseau et favoriser notamment « une meilleure conciliation travail-famille et des horaires stables ».

Les sommes liées à la création de ces nouveaux postes ont été prévues dans le mini-budget Girard, présenté la semaine dernière.

« Le secteur de la santé et des services sociaux est l’un des plus affectés par la rareté de main-d’œuvre. […] Le gouvernement met donc en place des initiatives concrètes qui auront pour effet : d’optimiser l’organisation du travail en procédant à la formation et à l’embauche d’agents administratifs afin de libérer les cliniciens des tâches administratives et de leur permettre d’augmenter leur temps de présence auprès des patients et des usagers », peut-on lire dans le mini-budget