Trop de questions, trop de zones d’ombre. La coroner Géhane Kamel a annoncé l’ajout « exceptionnel » de trois journées d’audiences sur la vague de décès au CHSLD Herron.

Gabrielle Duchaine
Gabrielle Duchaine La Presse

« J’ai très mal dormi, a-t-elle dit jeudi matin, en ouverture de ce qui devait être la dernière journée d’audience. J’avais l’impression de partir avec beaucoup de questions et des réponses à moitié, ou des réponses qui ne me satisfont pas. […] Ce qu’on recherche, c’est la vérité, et la vérité est aléatoire dans cette histoire-là. »

La coroner espère entendre au moins quatre témoins dans le cadre des trois journées supplémentaires, qui se tiendront en octobre. Elle n’a pas dévoilé les noms des personnes qui seront appelées. « Ensuite, j’aurai l’impression de boucler la boucle et de dormir sur mes deux oreilles et me dire que j’ai été au bout. Je vous ai dit quatre [témoins], mais ça se peut que je dorme encore moins bien. »

Mme Kamel a aussi annoncé qu’elle visionnera les images des caméras de surveillance en place à Herron, notamment dans les journées qui ont mené à la crise du 29 mars 2020. « Ce que ça va me donner, c’est [de voir si] j’ai des gens qui, le 27, 28, 29 mars, quittent le bateau et laissent des résidants à eux-mêmes. »

Mercredi, la propriétaire de Herron, Samantha Chowieri, a raconté que des employés avaient soit quitté le centre durant la nuit du 28 au 29, ou ne se s’étaient tout simplement pas présentés à leur quart de travail.

La coroner a eu une pensée pour les proches des victimes. Malgré la trentaine de témoins entendus, « si j’étais une des familles, j’aurais l’impression de partir avec tellement de questions ».