Un syndicat représentant des infirmières du CHU Sainte-Justine s’inquiète du manque d’employés dans l’unité des chirurgies cardiaques. La situation s’y est « détériorée » ces derniers mois, au point où il ne reste que trois infirmières sur sept disponibles, faisant craindre des « bris de service » cet été.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« On se doit d’avoir une main-d’œuvre qualifiée en chirurgie cardiaque pédiatrique en tout temps, même s’il n’y a pas des besoins à tous les jours », explique à La Presse le président du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du centre hospitalier (SPIC-CSN), Félix-Olivier Bonneville.

Mercredi, une banderole a été déployée devant l’hôpital et des pamphlets ont été remis pour dénoncer le manque de personnel. « On ne répare pas des cœurs avec des plasters », pouvait-on lire sur l’affiche du syndicat, qui dénonce cet enjeu de pénurie de main-d’œuvre depuis 2019.

« Le problème est large. En ce moment, avec seulement trois infirmières, ce n’est pas gérable du point de vue de la vie familiale. On se retrouve avec des employées très compétentes qui ne se sentent pas valorisées. Plusieurs choisissent d’aller ailleurs, à l’Institut de cardiologie par exemple, où on respecte davantage leur vie familiale. Ce qui se passe, c’était une crise annoncée », insiste M. Bonneville.

Malgré des discussions avec l’administration, « la situation s’est détériorée » selon le syndicat. « Il ne reste que trois infirmières sur le nombre de sept que prévoit la convention collective et des bris de service sont à prévoir cet été », a soulevé le SPIC-CSN dans un communiqué, mercredi.

Le leader syndicat avance que ces infirmières ont déjà accepté « de combler l’ensemble des quarts de garde » en attendant les améliorations promises par un rapport indépendant qui avait été produit en 2019. « Mais aujourd’hui, de nouveaux départs surviennent dans ce département en raison de l’obstination de l’employeur, et c’est malheureux », soutient-il.

« Tout ça fait en sorte que demain par exemple, pendant 24 heures, personne ne va être de garde. Si un cœur se libérait, probablement que ces filles-là rentreraient sur leur journée de congé, parce qu’elles sont passionnées et dévouées. Mais ce serait au prix de leur santé physique et mentale dans le contexte », poursuit Félix-Olivier Bonneville.

Situation temporaire

Appelée à réagir, la direction du CHU Sainte-Justine, de son côté, a indiqué « qu’aucune activité en chirurgie cardiaque n’a été annulée » et que « le maintien de nos activités au cours de la pandémie nous a permis de réduire notre liste d’attente ».

« La situation actuelle est temporaire, cible la couverture de la garde et s’explique par une réduction de notre personnel par un accident pour une infirmière, la période de vacances que nous respectons et le retour en région d’une autre. Nous travaillons pour répondre à ce problème », insiste aussi l’administration dans une courte déclaration envoyée par écrit à La Presse.