(Québec) La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a présenté jeudi une première politique nationale visant à mieux soutenir les personnes proches aidantes.

Caroline Plante
La Presse Canadienne

Cette politique, sorte de boussole qui guidera le gouvernement, sera accompagnée d’un plan d’action à l’automne, a précisé la ministre, qui affirme réaliser le « rêve de (sa) deuxième vie politique ».

Ancienne ministre libérale, Mme Blais a remercié le premier ministre caquiste François Legault de lui avoir permis d’accomplir sa mission.

Ayant été elle-même proche aidante auprès de son mari, elle a témoigné en conférence de presse s’être sentie stressée. Souvent, a-t-elle dit, les personnes proches aidantes décèdent avant la personne aidée.

Un quart des Québécois sont des proches aidants. Or, plusieurs ne se sont jamais identifiés comme tels.

Ils soutiennent un aîné, une personne avec une déficience intellectuelle ou physique, une personne en situation de dépendance ou d’itinérance, ayant une maladie grave ou chronique, ou en fin de vie.

Les personnes proches aidantes ne se reconnaissent pas toujours. Elles disent : " Moi, je suis la mère, le père, la conjointe ". […] Je m’excuse, vous êtes aussi des personnes proches aidantes.

Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants

La politique présentée jeudi vise à faire reconnaître l’apport de tous ces proches aidants à la société québécoise et à mieux les soutenir au quotidien.

Elle a pour objectif de mieux répondre aux besoins diversifiés de ces personnes, et ce, sans égard à l’âge ou à la nature de l’incapacité des personnes qu’elles soutiennent.

Elle répond également à la nécessité que le soutien offert s’inscrive dans une approche globale considérant tous les aspects de leur vie.

Concrètement, cela pourrait se traduire par du répit. Chaque personne proche aidante doit être traitée avec dignité et sollicitude, dans un souci de bientraitance, souligne-t-on.

Une trentaine de coordonnateurs en proche aidance seront embauchés « sous peu » et un observatoire de la proche aidance verra également le jour, a indiqué la ministre Blais.

« Ce dont ces personnes ont besoin, c’est d’une véritable allocation généreuse », a réagi la porte-parole de Québec solidaire (QS) en matière de proche aidance, Catherine Dorion.

Les personnes proches aidantes offrent des services qui coûteraient 4 à 10 milliards à l’État québécois. Il est temps de délier les cordons de la bourse.

La députée de Québec solidaire Catherine Dorion

Le Conseil du statut de la femme, ainsi que les membres des Premières Nations et Inuits ont été consultés, entre autres, dans l’élaboration de la politique.

Lors d’un forum sur la proche aidance tenu en décembre 2018, la professeure Sophie Éthier, de l’Université Laval, avait soutenu que près de 60 % des proches aidants étaient des femmes.

Celles-ci s’occupent généralement des tâches essentielles, comme prodiguer des soins d’hygiène. Mme Éthier avait affirmé que la majorité des proches aidants perdent en moyenne 16 000 $ par année.