(Montréal) L’entente de principe « historique » qui était intervenue entre la FTQ et Québec pour créer des postes permanents et stables de préposés aux bénéficiaires a été très largement entérinée par les membres.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

L’entente concernait 15 000 travailleurs, des préposés aux bénéficiaires et des auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) — qui travaillent à domicile.

Elle concerne non seulement les CHSLD (Centres d’hébergement et de soins de longue durée), mais aussi les CHSLD privés conventionnés, les centres hospitaliers et les centres de réadaptation.

Lorsqu’elle était intervenue, le 28 septembre, cette entente de principe avait été qualifiée de déblocage « historique », de « bond majeur » par l’un des deux grands syndicats de la FTQ concernés, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

L’entente vise à créer des postes permanents et stables de préposés aux bénéficiaires, tout en intégrant les nouveaux arrivés de la formation accélérée. Auparavant, environ 30 % des préposés travaillaient à temps complet ; maintenant on vise 100 %.

L’entente permet aussi d’éviter la mobilité de la main-d’œuvre. Auparavant, un préposé pouvait travailler deux jours dans un établissement et deux jours dans un autre — ce qui a posé problème pendant la première vague de la pandémie de coronavirus. Ou bien travailler à des quarts de jour et de soir.

Désormais, ce sera « un quart de travail et une installation », a résumé en entrevue avec La Presse Canadienne Karine Cabana, négociatrice pour les affaires sociales au SCFP.

En pratique, l’entente qui a été négociée permet un « affichage accéléré » des postes au lieu de suivre le processus habituel. En effet, comme les préposés et les ASSS se comptent par milliers dans le réseau de la santé, « si on était allé en affichage régulier (pour pourvoir les postes) ça aurait pu prendre des années avant de stabiliser les équipes », explique Mme Cabana. L’affichage accéléré fait donc l’affaire des deux parties.

Ainsi, au Syndicat québécois des employés de service — l’autre grand syndicat de la FTQ qui est concerné — les 37 syndicats ont voté en faveur. L’entente est passée « haut la main » dans chaque syndicat, parfois même de façon « pratiquement unanime », a rapporté le SQEES.

Au SCFP, des neuf syndicats concernés, sept ont entériné l’entente. L’appui a été « très fort » en région et moindre à Montréal et Québec, soit dans les 80 %, a rapporté le SCFP.

« Je dis bravo ! On est content de cette entente ! Mais il n’y a pas que des préposés », avait commenté le président de la FTQ, Daniel Boyer, en entrevue sur la négociation du secteur public pour toute la FTQ, récemment.

Du côté gouvernemental, lorsque l’entente de principe avait été annoncée, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, avait exprimé sa satisfaction. « Comme notre gouvernement a comme orientation de prioriser les postes permanents et à temps complet, nous sommes très satisfaits de cette entente. Il s’agit d’un pas de plus vers la stabilité pour notre réseau, ce qui est à la fois bénéfique pour les usagers et les travailleurs de la santé », avait-il déclaré.