(Québec) La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, soutient que le gouvernement a l’intention « d’augmenter considérablement » les soins à domicile, sans toutefois chiffrer les investissements supplémentaires nécessaires.

Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse

Mme Blais a finalement accepté d’accorder une entrevue à La Presse à la suite de la publication d’une enquête sur les soins à domicile lundi. Elle avait décliné les demandes auparavant. « La semaine dernière, c’était assez exceptionnel comme charge de travail », a plaidé la ministre, soulignant qu’elle avait deux projets de loi à l’étude en commission parlementaire.

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Le gouvernement a l’intention « d’augmenter considérablement » les soins à domicile, sans toutefois chiffrer les investissements supplémentaires nécessaires.

Elle balaie les critiques lui reprochant d’avoir placé toutes ses billes dans les maisons des aînés – 1,9 milliard de dollars pour 48 établissements comptant 2600 places. « Ce serait une utopie de penser que c’est la seule façon de prendre soin de nos personnes âgées. Ce serait une impossibilité financière de développer 3000 places par année. La clé de voûte, ce sont les soins à domicile », a-t-elle affirmé.

Elle fait valoir que le gouvernement a investi à cette fin 380 millions de dollars supplémentaires en deux ans, une somme récurrente. Une part vient du fédéral : Ottawa a versé 147,7 millions à Québec au cours de la dernière année à titre de « transfert pour le financement des services de soins à domicile », selon un document du ministère de la Santé et des Services sociaux déposé à l’Assemblée nationale.

Marguerite Blais soutient que les investissements vont « augmenter considérablement » dans les prochaines années, mais n’apporte aucune précision. Elle a évoqué qu’« il va y avoir un autre 100 millions » de plus, et « ce sera donc pas loin de 500 millions » supplémentaires au total, mais elle s’est rétractée par la suite en plaidant une erreur de sa part lors d’un deuxième appel téléphonique. Elle a dit être incapable de s’avancer sur des chiffres pour le moment.

L’argent pour les soins à domicile est versé aux établissements – les CISSS et les CIUSSS – dans des « enveloppes dédiées » désormais ; en principe, les sommes ne peuvent servir à d’autres fins que les soins à domicile. Dans le passé, des établissements avaient utilisé des investissements annoncés dans les soins à domicile pour payer d’autres dépenses, voire équilibrer leur budget, comme l’a déjà démontré le Protecteur du citoyen.

Marguerite Blais a ajouté que c’est bien beau l’argent, mais qu’il faut aussi du personnel pour donner les services. Or, il y a pénurie. Il faut du temps pour former des travailleurs supplémentaires, a-t-elle souligné.

Les services sont en hausse depuis le début du mandat caquiste, a signalé la ministre. Au cours de la dernière année, 369 524 personnes – pas seulement des aînés, mais aussi, par exemple, des personnes handicapées – ont reçu des services de soutien à domicile. C’est 9752 de plus que l’année précédente. « On s’était fixé comme objectif 20,9 millions d’heures pour 2019-2020 ; on l’a dépassé, avec 22,7 millions d’heures », a-t-elle ajouté.

Selon des témoignages recueillis par La Presse, c’est la croix et la bannière pour beaucoup afin de recevoir des services. Marguerite Blais reconnaît qu’il y a encore « du travail à faire » pour répondre aux besoins.