Un centre de recherche pour le bien-être de la population voit le jour

Véronique Lauzon
Véronique Lauzon La Presse

Alors que la santé publique est au cœur de nos vies depuis le début de la pandémie, un nouveau centre de recherche majeur consacré à cette importante branche de la santé ouvre ses portes, avec la spécificité d’entretenir des liens directs avec les acteurs du réseau sur le terrain.

Les chercheurs derrière cette infrastructure de recherche québécoise en santé publique, qui a ouvert officiellement ses portes mercredi, se donnent le mandat de susciter d’importantes discussions sur la place publique.

Sa directrice scientifique, Louise Potvin, est loquace et son enthousiasme est contagieux. Le Centre de recherche en santé publique (CReSP) accueille 53 chercheurs qui s’intéressent à des thèmes qui touchent le quotidien de la population : les problèmes de tabac, les inégalités sociales, la santé mentale au travail, etc.

Deux recherches en lien avec le sujet de l’heure, la COVID-19, sont aussi en chantier, dont une sur la main-d’œuvre en temps de pandémie.

Le nouveau centre prend la relève de l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal. Il se distingue de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) en se consacrant à la recherche, alors que ce dernier est un centre d’expertise et de référence.

Il aura également la spécificité d’être directement lié à un établissement responsable de la santé d’une population (le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal), ce qui favorisera un rapprochement entre la recherche et la pratique.

Une avancée

« Ce n’est pas trop tôt pour nous ! Ce n’est pas trop tôt pour le Québec ! lance Louise Potvin. Il y a des besoins importants en santé publique, on s’en aperçoit ces jours-ci. La santé publique, c’est tout aussi important que la recherche sur le cancer, les maladies cardiovasculaires, la santé mentale. Et ça prend effectivement des infrastructures dédiées et une concentration des compétences et des expertises. »

La direction du CReSP a choisi de ne pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. Au lieu d’aller chercher des chercheurs chevronnés actuellement éparpillés dans divers groupes de recherche, elle a choisi de miser sur les plus récents diplômés. « Notre priorité de recrutement a été de fournir une maison pour les jeunes chercheurs qui ont commencé leur carrière dans les dernières années », explique Mme Potvin.

Cette nouvelle génération de chercheurs, la directrice scientifique croit qu’elle sera plus encline à « vouloir que leurs recherches servent au bien-être de la population ».

« On veut faire en sorte que les directions de santé publique et les professionnels de la santé participent aux recherches et aient accès à cette connaissance-là », évoque la professeure Potvin.

Dialogue

Le « grand public » est également au cœur de la mission du centre de recherche qui souhaite ouvrir le dialogue entre la science, les professionnels de santé publique et la population. « On se lance le défi de la pertinence et de la discussion sur la place publique de nos résultats de recherche », ajoute-t-elle.

Par exemple, depuis le 8 avril, même si le centre n’était pas officiellement ouvert, il offrait régulièrement le bulletin Le CReSP répond à vos questions, dans lequel des spécialistes donnent des réponses aux préoccupations de santé publique en lien avec la pandémie. « Le scientifique en chef du Québec, le DRémi Quirion, a dit que c’était une des sources d’information fiables pendant la pandémie », souligne avec fierté la directrice.

Mercredi midi, pour marquer le lancement officiel du Centre de recherche, une conférence numérique a eu lieu avec la « sommité mondiale » Olivier De Schutter sur le droit à l’alimentation en temps de pandémie et la transition vers des systèmes alimentaires durables. Le public était invité à y assister virtuellement.

Le CReSP promet d’ailleurs plusieurs conférences et panels de discussion au cours des prochains semaines et des prochains mois.