(Québec) François Legault trouve « inacceptable » que des CISSS et des CIUSSS fassent affaire avec des entreprises qui emploient des travailleurs au noir pour effectuer le ménage dans des CHSLD.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

La Presse révélait mardi que les autorités réglementaires ont ouvert une enquête sur l’embauche de travailleurs au noir, dont de nombreux migrants, qui ont travaillé pour différentes entreprises afin de faire le ménage dans des CHSLD pendant la pandémie. Ces entreprises ont fourni des services à différents CHSLD publics, dont certains relevant du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

« C’est inacceptable. […] Ce qu’on m’a expliqué, c’est qu’on finalise les enquêtes, mais ce ne sont pas des CISSS ou des CIUSSS qui ont fait affaire avec ces personnes-là au noir, ce sont des CISSS et des CIUSSS qui ont faire affaire avec des entreprises qui, elles-mêmes, ont fait affaire avec d’autres entreprises. Donc, il y a comme deux intermédiaires. Mais, même s’il y a deux intermédiaires, c’est inacceptable », a dit le premier ministre, ajoutant que Québec enquête « pour s’assurer que ça ne se reproduise plus ».

Le député péquiste Harold LeBel y voit pour sa part l’illustration concrète qui justifie la demande de son parti : que Québec instaure une commission d’enquête indépendante sur sa gestion de la pandémie dans les CHSLD.

« À l’évidence, on voit qu’il y a quelque chose qui n’a pas marché. On a exploité du monde, on les a envoyés dans les CHSLD parce qu’ils étaient des demandeurs d’asile ou qu’ils étaient en besoin », a-t-il dénoncé.

« Le travail au noir dans les CHSLD est intolérable à sa face même. Dans les circonstances, le travail que ces gens ont effectué en était un très à risque pour contracter la COVID-19, leurs conditions ressemblent à s’y méprendre à de l’exploitation », a dénoncé la libérale Marie Montpetit.

« Quand on est rendu au point où, dans nos établissements publics, on embauche des travailleurs précaires, dont plusieurs immigrants sans papiers, pour travailler en dessous de la table à un salaire de misère, sans protection ni normes de sécurité adéquates, c’est que notre réseau de santé est brisé pas à peu près », a complété Alexandre Leduc de Québec solidaire.