Après des semaines d’accalmie, les urgences du Québec sont reprises d’assaut par les malades, alors que leur personnel est épuisé par un printemps éprouvant.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Des milliers de Québécois n’osaient pas s’approcher d’un hôpital lorsque la pandémie battait son plein, réduisant l’affluence de près de la moitié, en moyenne, de la mi-mars jusqu’à la fin d’avril.

Les taux d’occupation sont toutefois repartis à la hausse depuis le mois dernier, alors que les nouvelles étaient meilleures.

« On a remarqué une baisse importante en mars et en avril », a indiqué Marie-Claude Lacasse, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux. « Depuis le début du mois de mai, l’achalandage tendait à remonter. »

Vendredi après-midi, 14 urgences montréalaises avaient un taux d’occupation égal ou supérieur à 100 %. La situation était classée « rouge » partout autour de Montréal, de l’Estrie aux Laurentides, en passant par Laval et la Montérégie.

Sit-in à Longueuil

Dans cette dernière région, les urgences de l’hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil, affichaient la pire situation : le taux d’occupation y était de 189 %.

En matinée, des infirmières y ont improvisé un sit-in d’un peu moins de deux heures lorsque la direction a voulu imposer des heures supplémentaires obligatoires à des employées sur le point de terminer leur quart de nuit.

« Les gens disent qu’assez, c’est assez », a affirmé en entrevue téléphonique Alexandre Bégin, président du syndicat qui les représente, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

Les urgences de l’hôpital Pierre-Boucher accueillent les cas de COVID-19 depuis la mi-mars, ce qui n’a laissé que peu de répit à son personnel. « Les gens sont à bout, les congés sont partiellement refusés, alors que les gens sont épuisés », a-t-il dit. M. Bégin précise que depuis quelques jours, le personnel de première ligne voit le nombre de cas de COVID-19 hospitalisés repartir à la hausse à l’hôpital.

Les urgences de Pierre-Boucher sont « le seul endroit où il y a des sit-in de temps en temps, quand les gens sont trop en détresse » pour le CISSS de la Montérégie-Est. La direction de l’hôpital a réussi à trouver des remplaçants pour pourvoir les quarts de travail, mais les infirmières promettent de recommencer en cas de besoin.